Aller et retour en Ukraine

https://renverse.co/analyses/article/aller-et-retour-en-ukraine-2805

Des personnes issues de la Suisse et de France qui sont de retour de la guerre civile en Ukraine participent en Suisse à des combats de hooligans. Des compagnons de lutte et des structures informelles dans le sillage de « Autour du lac » et les Hammerskins de Romandie forment le groupe hooligan « Swastiklan » (Svastika = croix gammée).

Dès 2014, des néonazis ont quitté la Suisse pour le front ukrainien afin de défendre « l’Europe blanche ». Ils sont intervenus de manière active dans la guerre de Sécession qui depuis 2014 oppose des milices pro-russes et pro-ukrainiennes. Des unités et des milices pro-russes et russes ont déclaré l’indépendance des provinces orientales Donnezk et Luhansk au printemps 2014 et ont occupé la Crimée. Ce fut une réaction aux manifestations d’Euromaidan dans la ville ukrainienne de Kiev. L’heure de vérité politique de l’Ukraine s’est traduite en une guerre qui dure jusqu’à aujourd’hui entre les milices pro-russes et pro-ukrainiennes. Au milieu de ce conflit armé se trouvent des néonazis suisses et européen. e. s. Ces légionnaires et mercenaires défendent leur vision d’une « Europe blanche » l’arme à la main.

Azov — le bataillon nazi

Le bataillon Azov fut créé le 5 mai 2014 durant la crise ukrainienne en tant que milice volontaire. En juin 2014, elle a mené ses premiers combats lors de la reconquête de la ville de Mariupol des mains des séparatistes pro-russes [1]. Le bataillon se composait dès le début de forces nationalistes qui suscitaient une grande attraction auprès des néonazis d’Ukraine et de toute l’Europe. D’à peine 850 combattants, Azov est devenu une force armée de plus de 2500 personnes — dont une bonne partie des soldats sont de l’étranger [2]. Azov se caractérise par des références claires au national-socialisme. Un wolfsangel (crochet de loup) figure dans le logo d’Azov et idéologiquement le bataillon forme l’avant-garde du mouvement paneuropéen [3].

Björn en haut à droite avec le salut d’Hitler avec d’autres combattants de l’ASOV

Le développement d’Azov est un produit des bouleversements sociaux en Ukraine. L’idéologie ultra nationaliste est fortement ancrée dans la société ukrainienne et sert d’outil de mobilisation pour la guerre. Ce nationalisme est le vivier d’Azov et d’autres groupes nationalistes, qui, grâce à leurs victoires, gagnent en reconnaissance sociale. Pour cette raison, l’Ukraine est devenue un lieu symbolique pour les néonazis de toute l’Europe. Le mouvement ukrainien se sent investi dans une mission qui est basée sur un projet paneuropéen qui lui est proche idéologiquement [4].

Soutien depuis la Suisse

Les mouvements militants de la droite ukrainienne exploitent dès le début du conflit leurs contacts internationaux, afin d’y trouver du soutien pour leur cause. C’est dans ce but qu’ils ont fondé des organisations de soutien, qui contribuent à leur combat avec des ressources financières, politiques et militaires. Une des organisations les plus importantes, la « Misanthropic division » a des sections dans plusieurs pays d’Europe de l’Ouest ainsi qu’en Amérique du Nord. Elle joue en rôle majeur dans le recrutement de combattants à l’étranger [5].

Bras dessus-dessous, Björn à droite avec 3 autres individus affichant le port de maillots aux "couleurs" "Misanthropic division", autour du "blason Azov"
Une bannière "Pride France" se distingue affichée sur le mur (en haut à droite), signature de Gamin, combattant MMA & Thomaz KOTS, hooligan Losc Army de Lille, tatoué skinhead néonazi, entrepreneur "sportswear", collaborateur de Blood and Honour Hexagone co-production de combats clandestins avec des concerts RAC.

 

En Suisse romande, une section locale de « Micanthropic Division » (MDS) [6] a déjà été créée au printemps 2014. « Björn Sigvald » est le dirigeant présumé de ce groupement, un néonazi fan de sport de combat depuis sa jeunesse, qui est connu à ce jour seulement sous ce pseudonyme. Björn Vita sert d’exemple du développement des membres de « Misanthropic Division ». À partir de son obsession pour les combats et ses contacts informels en Ukraine, se sont développés des réseaux personnels qui ont finalement débouché sur une participation active sur place.

Björn, le networker

« Björn Sigvald » est actif dans les mouvements d’extrême droite depuis environ dix ans et entretient de nombreux contacts internationaux à différents niveaux de la scène. Il a noué les premiers contacts importants par le biais des Hammerskins suisses. En 2011 il a été admis dans le « Hang-Around-Status » des Hammerskins Romandie [7]. À cette époque et les années qui suivent, il a assisté avec Joël « Pouppi » Moret et d’autres Hammerskins à des concerts et des manifestations de ce mouvement aux frontières de la Suisse et a fait de nouvelles connaissances [8]. Il a notamment rencontré Tomasz Skatulsky, organisateur de combats du milieu d’extrême droite et propriétaire de la marque Pride France [9].

Pouppi (g), Björn (2dg) et autres à Milan

Björn 2014 combattant à la Pride France

En octobre 2014, « Misathropic Division Suisse » a envoyé 800 francs  (suisses) à Azov, comme l’ont rapporté plusieurs médias [10]. Les contacts avec l’Ukraine se sont intensifiés. Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent que « Björn » a entrepris des voyages en Ukraine depuis le printemps 2015, voire avant. À cette époque, il a aussi organisé une conférence sur la situation en Ukraine dans la région de Lausanne [11].

Björn et Skatulsky en randonnée

Après les premiers voyages, il a évoqué dans des chats l’idée d’acheter une maison dans les Carpates (Ouest de l’Ukraine). Il pourrait avoir vécu temporairement en Ukraine. Olena Semenyaka, ambassadrice d’Azov en Europe de l’Ouest, en parle dans les médias sociaux [12].
Selon des recherches du Blick, il a participé à des combats avec Azov. Parallèlement il a intensifié son activisme politique en Ukraine [13]. « Björn » a ainsi participé à une conférence paneuropéenne en 2017 et entretient différents contacts avec des défenseurs de l’idée paneuropéenne, en particulier avec Olena Semenyaka [14].

Björn prend Semenyaka – en robe noire “wednesday addams” et cheveux attachés, – en accolade sous la bannière croix celtique paneuropa bleu et jaune.

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Le point de départ affiché officiellement de l’expansion informationnelle du mouvement Azov dans le domaine de l’Europe occidentale doit être considéré comme la conférence Paneuropa, qui a eu lieu le 28 avril 2017 à Kiev sous les auspices du mouvement paneuropéen Reconquista fondé en 2015 sur le dos de volontaires étrangers de masse. soutien à la guerre de libération nationale dans l’est de l’Ukraine. Cette conférence, consacrée à l’idée de l’alternative à l’intégration européenne et à la coopération géopolitique, a réuni des représentants des forces politiques allégeantes françaises, italiennes, allemandes, suédoises, croates, polonaises, lituaniennes, lettones et russes soutenant un cap persistant vers la création d’un État souverain.

https://www.foiaresearch.net/sites/default/files/styles/body_large/public/2019-01/Alexei%20Levkin.jpg?itok=p9DQzPdX

Azov has long been trying to make connections with the French far-right. Steven Bissuel, leader of the GUD in the French city of Lyon, and far-right intellectual figure Pascal Lasalle, were invited to the 1st Paneuropa Conference in Kyiv alongside other European far-right figures in April 2017. The event aimed at promoting and building pan-European coordination in between national far-right movements like CasaPound (Italy), the GUD (France), Nordisk Ungdom (Sweden) and, of course, Ukraine’s National Corps.Steven Bissuel alongside National Corps’ international secretary Olena Semenyaka, hairstyle, in "wedeneday addams dress"  at the 1st “Paneuropa” Conference in Kyiv, April 2017Only a few weeks after that event, however, the GUD announced its dissolution. Its members, led by Bissuel, occupied an abandoned building in Lyon, creating Bastion Social. Inspired by the Italian movement “CasaPound”, the new organization quickly gained momentum and was operating six “far-right social centres” throughout France by July 2018.
Marc “Hassin” at a demonstration organized by Bastion Social in Aix-en-Provence, France

Marc “Hassin” at the inauguration of Bastion Social in Clermont-Ferrand, France, 14 juillet 2018


https://image.over-blog.com/ZaRwM1mv2tRcGM2m-VPPGae1NyQ=/filters:no_upscale()/image%2F0935939%2F20211211%2Fob_62c531_olena-semenyaka-002-marc-de-cacqueray.jpegAvec Marc (Mes Os Reims, Zouaves Paris, GUDS Paris, Ouest Casual, ...etc.) La coiffure cheveux lâchés, raie au milieu change mais la robe "wedenesday addams" que porte Olena en décembre 2019 semble identique à la robe déjà portée sous la bannière paneuropa a croix celtique en avril 2017

 

« Björn » soutient et s’entraîne aussi avec la milice ukrainienne C14 Sich Karpatska, qui est dirigée par Taras Dejak selon le modèle de Casa Pound [15]. Entre autres, C14 est crainte à cause des attaques contre les Sinti et les Roms [16]. Avec Dejak et une délégation de C14, Björn a visité en février 2019 le mémorial aux héros « Jour de gloire » à Budapest [17].

« Björn » a développé un large réseau de contacts en Ukraine. Il représente la Suisse dans le mouvement paneuropéen et recrute pour Azov en Suisse romande [18].

Le réseau

Les contacts intensifs entre la scène en Suisse romande, les régions frontalières françaises et l’Ukraine se sont probablement réalisés par le biais de deux domaines d’intérêts — la musique et les sports de combat.

2.d.g. Levkin, Ludovic Faure, Björn en Kiew

Au niveau musical, les groupes français « National Socialist Black Metal » (NSBM), « Kommando Pest Noire » (K.P.N.) et « Baise ma Hache » (BmH) jouent un rôle central. Ces groupes sont étroitement affiliés avec le groupe ukrainien NSBN « M8L8TH ». Le chanteur du groupe, Alexei Levkin, est une personnalité dirigeante d’Azov qui se déclare ouvertement membre de la jeunesse néonazie « Wotan Jugend » [19]. K.P.N a joué plusieurs fois aux festivals Asgardsrei coorganisés par Levkin à Kiev, où le groupe compte un grand nombre d’adeptes [20]. Le chanteur de K.P.N., Ludovic Faure, est aussi un ami de « Björn ». Ce dernier a joué en 2016 et 2017 en tant que guitariste lors du spectacle live et s’est fait tatouer le nom du groupe sur son ventre. Il apparaît aussi dans la vidéo du groupe « le dernier Putsch » enregistrée à Kiev et pose avec Levkin et Faure « Militant Zone-Store » [21], un magasin NSBM et de vêtements au centre de Kiev.

Björn, Levkin et Faure

Affiche festival Asgardsrei 2016

Le sport de combat est, avec la musique, un point de référence central du réseau. Tomasz Skatulsky et Joël « Pouppi » Moret, tous deux de vieux compagnons de « Björn », ont combattu plusieurs fois au « Reconquista club » en Ukraine [22]. « Björn » lui-même a participé aux « Days of Glory » organisées par Skatulsky en 2014 à Lyon. Les sports de combat en général sont très appréciés dans l’entourage d’Azov et servent de préparation pour la guerre. Azov entretient une sous-culture autour des sports de combat avec le soutien de Denis « Niktin », Kapustin et « White Rex » [23].

Avec l’adrénaline du terrain au front

Le combattant Azov « Björn » a été aperçu plusieurs fois dans sa région d’origine, ce qui indique qu’il se trouve de nouveau en Suisse. Avec Joël Moret et d’autres néonazis, il donne des cours de Mixed Martial Arts (MMA). Mais il ne se contente pas de donner des cours. Avec ses comparses de l’entourage d’« Autour du Lac », ils ont formé le groupe de hooligans « Swastiklan Valais » et organisent des « matchs de terrain », par exemple le 5 septembre contre le groupe de houligan bernois « Frontline » [24].

La composition de « Swastiklan » est un reflet du réseau transfrontalier de l’extrême droite. Ainsi deux néonazis ont soutenu le groupe : le légionnaire maxime Pomerat, qui fut présent en 2017 à Annecy aux « Force & Honneur » [25] et Marc de Cacqueray de Valménier, hooligan du groupe « mesOs » de Reims [26].

Maxime Pomerat à l’avant

Ce dernier a combattu dans les rangs de « Swastiklan ». Il dirige le groupe d’extrême droite « Zouaves Paris » et est considéré comme un poids lourd de la scène militante néonazie en France. On présume que ce dernier a aussi combattu en Ukraine [27]. Marc de Cacqeuray participe actuellement aux opérations militaires au Haut-Karabakh du côté arménien et, selon ses propres déclarations, il souhaite y installer un bataillon de volontaires [28]. Avec Joël Moret, les Suisses suivants font partie de la scène néonazie :

debout d.g.a.d : Gael Gonthier, Alexandre Golay, Yanek Vincent Czura, Maxime Pomerat, Marc de Cacqueray, Kilian Juillard, Lionel Stritt. agenouillé d.g.a.d : Jean-Marie Eggel, Noah Stucky, Joël Moret

Gaël Gonthier, Alexandre Golay, Yanek Vincent Czura, Kilian Juillard, Lionel Stritt, Jean-Marie Eggel et Noah Stucky. À souligner que Noah Stucky, issu des houligans du FC Sion de la « Street Society Oberwallis », s’est notamment rendu en mai 2019 à Thüringen au « Eichsfledtag » avec Nordulf Heise qui se cache en Suisse [29].

Noah Stucky em milieu – source : Pixelarchiv

Les néonazis expérimentés se montrent ambitieux. Ainsi, Skatulsky et Yanek Czura se sont battus samedi dernier, 31.10.2020, à Göteborg en Suède dans le « Kings of the Street (KOTS) Underground Fightclub » contre d’autres hooligans européens [30]. Yanek était accompagné de Gaëtan le Bris et de Joël Moret qui les ont amenés en Suède en voiture.

Annonce de Kings of the Streets

Source :
1 https://en.wikipedia.org/wiki/Azov_Battalion
2 https://www.spiegel.de/panorama/justiz/ukraine-deutsche-soeldner-heuern-bei-rechtsextremem-freiwilligenbataillon-an-a-1177400.html
3 https://www.opendemocracy.net/en/odr/look-far-right-and-look-right-again-avaz-batalion-neo-pagan-neo-nazi/
4 https://www.foiaresearch.net/event/paneuropa-conference
5 https://www.foiaresearch.net/organization/misanthropic-division
6 https://headtopics.com/ch/diese-schweizer-zogen-in-den-ukraine-krieg-blick-15157498
7 https://www.foiaresearch.net/person/bjorn-sigvald
8 photo Björn & Pouppi in Mailand
9 https://www.antifa.ch/kampfsportevent-aus-der-szene-fuer-die-szene-ein-braunes-remmidemmi/
10 https://www.bazonline.ch/ausland/europa/schweizer-neonazis-liefern-geld-in-die-ostukraine/story/13160853
11 https://renverse.co/infos-locales/article/bjorn-sigvald-le-neo-nazi-genevois-parti-combattre-en-ukraine-2739#nb10
12 https://www.blick.ch/news/schweiz/wie-gefaehrlich-ist-b-s-dieser-schweizer-neonazi-kaempfte-im-ukraine-krieg-id16056007.html
13 https://www.foiaresearch.net/event/paneuropa-conference
14 https://www.foiaresearch.net/person/olena-semenyaka
15 https://www.blick.ch/news/schweiz/wie-gefaehrlich-ist-b-s-dieser-schweizer-neonazi-kaempfte-im-ukraine-krieg-id16056007.html
16 https://www.bellingcat.com/news/uk-and-europe/2019/08/09/yes-its-still-ok-to-call-ukraines-c14-neo-nazi/
17 https://i2.wp.com/presse-service.at/wp-content/uploads/2019/02/budapest-tag-der-ehre-provokationen-bei-antifaschistischer-gegenkundgebung-2019-02-09-25-1024×683.jpg?ssl=1
18 https://www.foiaresearch.net/event/paneuropa-conference
19 https://www.foiaresearch.net/person/alexei-levkin
20 voir affiche Asgardsrei Festival 2016
21 https://en.wikipedia.org/wiki/Peste_Noire#Members
22 voir photo avec Björn, Levkin et Faure
23 https://radicalarchives.org/2020/05/09/nazi-ram-in-europe/
24 https://medium.com/@zaborona.media/fight-for-the-white-race-56b4fa64bef0
25 voir post Instagram Gruppa Of
26 voir photo Besucher „Force & Honneur“
27 https://www.bellingcat.com/news/2020/05/01/at-ukraines-asgardsrei-a-french-connection
28 Eluek, Moritz. Kampfsport in der extremen Rechten in Griechenland und Frankreich. In : Claus, Robert. Ihr Kampf. Wie Europas extreme Rechte für den Umsturz trainiert, ORT 2020 S. 172. voir aussi https://www.streetpress.com/sujet/1578306554-hooligans-neonazis-squattent-tribunes-stades-foot-extreme-droite-antisemites
29 https://twitter.com/RobertClaus13/status/1322126143806492672
30 https://twitter.com/HubertLeonore/status/1130413947276988416/photo/1 https://pixelarchiv.org/event/2019.05.18.leinefelde/1/085.jpg
31 https://kotsfights.com/

FONDREMAND : Le solstice néo-nazi aura-t-il lieu ?

FONDREMAND : Le solstice néo-nazi aura t’il lieu?

Après presque deux mois de confinement pour faire face à la pandémie de Covid 19, le planning de déconfinement soulève de nombreuses questions concernant la possibilité d’organiser tel ou tel type de rassemblement de nature associatif, politique, familial, culturel ou religieux.

Face à la possibilité d’une seconde vague de pandémie (évènement qui reste flou, pour l’instant), la plupart des évènements sont soumis à conditions.

Si à la date du 2 juin, que l’on soit en zone rouge ou verte, certaines restrictions ont été levées (ouvertures des terrasses de bars, et des offices religieux) d’autres interdictions sont toujours maintenues (interdictions de rassemblement de plus de 10 personnes principalement).

Et au sein de l’équipe Fafwatch-Franche-Comté, on se pose donc cette question :

Le solstice néo-nazi organisé par Terre & Peuple à Fondremand et prévu le samedi 20 juin, aura-t’il lieu cette année ??

Car depuis plus de deux ans, les bannières Haut-Saônoise et Franc-Comtoise de Terre & Peuple organisent pour le solstice d’été un petit rassemblement autour d’un bûcher, dans un endroit reculé sur la commune de Fondremand (Haute-Saône) et qui doit réunir une quarantaine d’invités environ.

1/ Fondremand :

Il s’agit d’un village haut-saônois assez sympathique. En retrait des axes routiers principaux du département, la vie y semble paisible. L’architecture, oscillante entre moyen-âge et renaissance, ses vieilles maisons en pierre, son moulin, la source de la Romaine et son donjon donnent un cachet très particulier à l’atmosphère générale. Tout y semble tranquile, figé. Un des plus beaux villages de Franche-Comté, si on aime les vieilles pierres.

source wikipédia : Fondremand, source de la Romaine et donjon

Deux évênements publics viennent déranger la tranquilité de ce petit village de 200 habitants en juillet : les journées artisanales et artistiques de Fondremand et son feu d’artifice. Tous deux sont considérés comme les plus importants de la région et attirent chaque années un public nombreux (mais certainement pas cette année, pour des raisons de sécurité sanitaire liées à la pandémie de Covid 19).

A ces deux évênements publics, il nous faut désormais en ajouter un nouveau (ou plutot deux, mais nous allons y revenir). Il s’agit d’un évênement privé mêlant la méta-politique avec un soupçon de religieux (puisque le paganisme est religieux) : le solstice d’été de Terre & Peuple, qui se déroule le samedi approchant le 21 juin, et ceci depuis deux ans.

2/ Terre & Peuple :

« Terre & Peuple » Qu’est ce que c’est ?

« Terre » au singulier, et « Peuple » également au singulier : une (seule) terre – un (seul) peuple. Ce qui fait étrangement écho à « Ein volk, ein Reich, ein Führer  » : « un seul peuple, un seul État, un seul chef  » slogan du Parti National Socialisme des Travailleurs Allemands d’Hitler (NSDAP).

Et ce n’est pas un hasard.

L’association Terre & Peuple a été créée en avril 1995 par Christophe Bordon et Pierre Giglio (militants au Renouveau Étudiant et au FN), mais surtout par Pierre Vial qui en sera le président et le principal animateur.

Pierre Vial est un vieux de la vieille dans la militance d’extrême droite : il a participé à la création du GRECE (voir ici) (avec entre autre des anciens collabos et d’anciens SS français), il participe à la « Nouvelle Droite », en 1984 il quitte le GRECE car ses positions sont jugées comme trop racialistes (!!), il rejoint alors en 1988 le Front National qu’il quittera en 1998 pour rejoindre les mégrétistes. Quand il fonde en 1995 Terre & Peuple, cette organisation est en quelque sorte la digestion de son parcours politique.

Terre & Peuple s’inscrit dans la mouvance qui va prendre de plus en plus d’ampleur à partir des attentats du 11 septembre 2001 : la mouvance identitaire; mais héritage du GRECE oblige, T&P est très marqué par le courant « völkisch ».

Manifestation d’extrême droite : C9M – paris – 8 mai 2011

Lu sur le site REFLEXes : Terre & Peuple  – quand les gaulois sont dans la peine

De tous les courants de la « révolution conservatrice » allemande, le courant volkisch est sans doute le plus ancien puisqu’il émerge dès la fin du XIXème siècle. À l’époque, ses centres d’intérêt reflètent une bonne part des orientations culturelles de cette période : approche « scientifique » des origines guidée par l’esprit positiviste et l’élan romantique du mouvement des nationalités ; effervescence « spiritualiste » née de la crise de l’identité religieuse traditionnelle, en l’occurrence le christianisme. Ces deux voies convergent chez les « Völkischen » dans la défense du « peuple » conçu non comme masse mais comme identité, à la fois biologique et spirituelle. Le courant völkisch est donc foncièrement tourné vers le passé sans pour autant être réellement réactionnaire puisqu’il ne cherche pas à revenir à une époque révolue mais à se rattacher à ce qu’il considère être la plus lointaine origine. Un des fondements intellectuels de ce courant est alors Herman Wirth, philologue de la première moitié du XIXème siècle, qui, dans L’aube de l’humanité (1828), entendait reconstruire l’histoire de la religion, du symbolisme et des écrits d’une « race nordico-atlantique » primordiale, dont il faisait remonter les origines au paleolithique. Wirth situait le berceau originel de cette race dans la région correspondant à l’actuelle Arctique et la décrivait comme porteuse d’une culture cosmico-symbolique dont le thème central serait l’année solaire comme expression d’une loi universelle de renouvellement, cycle dans lequel le solstice d’hiver aurait revêtu une importance particulière.

Dans cette recherche des origines, le monde indo-européen (terme qui finit par l’emporter sur « indo-aryen ») est au centre des préoccupations. Découverte par les linguistes à la fin du XIXème siècle, « l’indo-européanité » identifiée comme noyau originel de la civilisation européenne donna un socle scientifique plus solide au courant völkisch. Ce dernier s’intéressa immédiatement au groupe germanique des peuples indo-européens, considéré comme le moins dénaturé et le plus proche des caractéristiques originelles. Reprenant des arguments développés par Arthur de Gobineau, deux philologues vont imposer leurs idées dans le courant völkisch : Hans F.K. Günther et Ludwig Ferdinand Clauss. Si Günther est célèbre, Clauss l’est un peu moins en raison d’une approche ethnique assez éloignée du racisme « suprémaciste » d’essence coloniale fort en vogue à l’époque. Il considérait en effet que chaque homme est porteur d’un « style » caractéristique de l’âme du groupe ethnique auquel il appartient, style fondamentalement distinct des caractères purement individuels : « chaque race possède en elle-même le criterium de ses valeurs les plus hautes et il n’existe pas de mesure commune qui puisse permettre de la comparer à une autre ».

Parallèlement à cette quête « raciale », le courant völkisch développe tout un intérêt pour l’occultisme, en particulier en Allemagne du Sud et en Autriche, terres catholiques s’il en est. La principale conséquence de cet intérêt fut la création de petites sectes occultistes et surtout un intérêt appuyé pour les runes, ancien alphabet nordique dont les vertus divinatoires supposées ne pouvaient que les attirer. De ces catholiques autrichiens apostats est venu également un antisémitisme typiquement lié à leur origine et conjugué sur le mode classique du conspirationnisme. D’autres tendances du mouvement désirèrent cependant simplement refonder une religion purement allemande. Certains optèrent pour la thèse fantaisiste du « Christ aryen » développée par Houston Stewart Chamberlain dans ses Fondements du XIXe siècle publié en 1899.

Luther était à leurs yeux l’émancipateur de l’âme allemande, désormais libérée du carcan méditerranéen et despotique de Rome. Ils prétendaient achever la Réforme en purgeant le christianisme de son contenu spirituel sémitique. L’absurdité théorique et l’impossibilité pratique d’un tel projet n’échappèrent cependant pas aux plus lucides qui se tournèrent alors vers le paganisme nordique ou vers une « religiosité indo-européenne » plus large.

Cette quête des racines de « l’âme allemande » amène les « Völkischen » à porter une attention particulière aux traditions populaires (fêtes, folklore, coutumes) où, sous le vernis chrétien, se perpétuent des éléments beaucoup plus anciens, d’origine païenne. Dans le même esprit, ils accordent une grande importance au paysage et leur position est celle d’une écologie intégrale avant même que cette notion ne connaisse la popularité qui est la sienne à partir des années 1960. Défenseur de « l’art du terroir », ils créent ainsi un mode de vie alternatif relativement hors norme pour l’époque.

Enfin, très attachés aux vertus privées du lignage et aux identités locales, les « Völkischen » ont relativement peu théorisé sur ce qui leur semblerait l’État idéal, la majorité se retrouvant dans la conception de l’empire germanique avec ses libertés locales.
On retrouve nombre de ces orientations dans les choix idéologiques de Terre & Peuple : attachement aux coutumes locales et paysannes, spiritualité païenne affirmée et revendiquée, référence permanente à l’enracinement.

Rapprochement avec la pensée nazi :

« Défense du peuple », « identité biologique et spirituelle », « approches scientifiques des origines », « quête raciale », « occultisme », « anti-sémitisme », « quête des racines de l’âme allemande », « défense de l’art du terroir » : autant de thêmes qui seront repris par les nazis dès le début du mouvement.

Une bonne partie des dirigeants de la Waffen-SS reprendra également les thèses occultistes et le folklore néo-païen qui s’y rattachent: en fétant les solstices notammenent.

Terre & Peuple s’inscrit donc dans cette mouvance identitaire tout en développant l’idée d’un communautarisme blanc confronté au « choc des civilisations ». Le sol, le climat, la faune de l’Europe sont pensés comme le terreau de la civilisation européenne blanche, sur lequel toute autre civilisation extérieure ne peut prendre « racine », car il y a incompatibilité de sol, donc conflit inéluctable inter-civilisationnel. D’où la nécessité selon Terre & Peuple de procéder à un retour volontaire ou de force des immigrés dans leur pays d’origine ou de supposée origine.

Si la mouvance völkisch a été très importante dans le développement de la pensée nazi à ses débuts. Elle va perdre du terrain quand Hitler arrivant au pouvoir en 1933 est confronté aux réalités politico-économiques qui l’ont mené à la tête de l’Allemagne. La famille paysanne allemande souriante dans les champs de blé ou dans un décors pastoral sentant bon le romantisme allemand restera une « image d’Epinal ». L’Allemagne doit s’industrialiser, et la politique mise en place à partir de 1933 va favoriser les grands propriétaires terriens au détriment des fermiers, métayers, et petits propriétaire qui seront pousser vers une paupérisation pire que celle connue dans les années 20. Ce sera l’industrie avant tout… la campagne, le paysan, les culottes de peau, les blonds et blondes aux yeux clairs s’épanouissant sur la terre nourricière de la mère patrie, ce ne sera que propagande et restera « image d’Epinal ».

Références et rapprochement avec le mythe guerrier blanc:

Et c’est cette propagande d’un national-socialisme agrarien (respect de la nature, importance du sol et du sang, espace vital…) qui va marquer certains auteurs tels que Robert Dun et Saint-Loup (voir ici et ), tous les deux ont été volontaires pour combattre aux cotés des Allemands, et ont été tous les deux intégrés à la division SS Charlemagne qui regroupe les volontaires français (source wikipédia) . Ils seront très marqués par le néo-paganisme des SS, et en traiterons dans de nombreux ouvrages. Ces mêmes ouvrages influenceront des théoriciens d’extrême droite comme Pierre Vial, ainsi que des écrivains tel que Jean Mabire ancien militant du GRECE, et intervenant régulièrement aux tables rondes organisées par Terre & Peuple. Le soldat SS devient l’héritier du paysan-guerrier germain qui se bat pour sa terre et sa race.

A gauche : Robert Dun, en uniforme SS en 1944 ; au centre, deux ouvrages exlatant la « culture européenne »

A gauche : Saint-Loup en uniforme SS sur le front d’Ukraine en 1945

Quelques exemples d’ouvrages de Jean Mabire concernant les Waffen-SS et les français engagés volontaires dans les divisions Frankreich puis Charlemagne

Le « logo » de Terre et Peuple synthétise très bien ce concept de guerrier-paysan, de la guerre et de la nature mise au service de l’identité raciale: il reprend la forme caractéristique des écussons utilisés dans les différentes divisions de la Waffen-SS, dans lequel se place un edelweiss. Pourquoi un edelweiss? Pierre Vial l’explique ainsi :

L’edelweiss est une fleur blanche (étymologiquement, d’ailleurs, edelweiss signifie « blanc et noble » ou « la noblesse de la blancheur »). Or le blanc a toujours été chez les peuples européens, depuis l’Antiquité, la couleur de la pureté, de la souveraineté et de la sagesse, de l’élévation tant physique que morale (ce n’est pas un hasard si les druides dans le monde celte tout comme les vestales dans le monde romain sont vêtus de blanc). Nous luttons pour permettre à notre peuple d’être digne d’une telle tradition, dans l’âge sombre que nous traversons. L’edelweiss est donc l’image d’un héritage, qui nous a été transmis du fond des âges par nos pères et que nous entendons transmettre à notre tour à nos fils et aux fils de nos fils (…)
L’edelweiss, symbole plusieurs fois millénaire, expression de cet enracinement, de cette identité culturelle que nous revendiquons, illustre parfaitement le sens de notre combat. Un combat devenu aujourd’hui indispensable pour défendre notre droit à être nous mêmes, face à ceux qui voudraient nous imposer un monde uniforme, massifié, cosmopolite. Au culte du veau d’or nous opposons ce reflet terrestre de l’Étoile Polaire qu’est l’edelweiss. Pour notre terre, pour notre peuple, nous levons l’étendard frappé de l’edelweiss, signe de ralliement pour la guerre de résistance, de libération et de reconquête que nous menons. »
Pierre Vial : Une Terre, un Peuple

L’edeweiss : symbol de la pureté blanche, « Étoile Polaire » qui guide le combat racialiste de Terre et peuple…cette petite fleur n’en demandait pas tant !

Mais il est à noter que même s’il n’y a jamais eu de division SS portant cet écusson, l’edelweiss fut accolé à l’insigne des unités de la Waffen-SS dites de « montagne ». Et celle-ci se sont livrées à de nombreux crimes de guerre.

De gauche à droite : écusson de Terre & Peuple; tableau des écussons des divisions de la Waffen-SS; écusson Edelweiss des troupes de montagne; ouvrage traitant des troupes de montagne de la Waffen-SS

(Il faudrait également informer Pierre Vial ainsi que le groupuscule néonazi EdelweiSS-Pays de savoie, qu’un groupe de jeunes résistants allemands s’appelait les « Edelweiss Piraten »  afin de le pas faire de cette fleur un symbol raciste).

Terre et Peuple – la revue

Si elle fait régulièrement référence dans sa revue ou sur son site internet à la Waffen-SS et au mythe de la division Charlemagne, Terre & Peuple ne tombe pas dans le culte du chef. Hitler est loin d’être mis sur un piedestale; au contraire, l’anonyme soldat (gaulois, croisé ou SS) dans lequel n’importe quel néo-nazi peut se reconnaitre sera porté comme modèle de l’homme blanc européen.

Quelques exemples de couvertures de la revue Terre & Peuple, les titres parlent d’eux même

Terre et Peuple a également un blog et une page facebook, nous vous laissons le soin d’aller y faire un tour, pour y découvrir la véritable haine que porte le militants de Terre & Peuple envers tous ceux qui ne sont pas européens, contre le capitalisme cosmopolite (comme tout mouvement fasciste, mais également leur vision idéalisée de la nature.

Terre et Peuple – le blog Franc-Comtois

Lors de sa courte existence sur le net (avril et mai 2014), la bannière Terre & Peuple Franche-Comté (TPFC) appelée Terre Séquane, est également un joli condensé de propagande nationale-socialiste et fasciste : http://tpfc.eklablog.com/

On remarquera le signe qui débute chaque bandeau d’article : le soleil noir de la Waffen-SS.

Cliquez sur l’image pour voir l’ensemble des articles oubliés sur le blog

3/ Les Solstices :

Au niveau national, deux évènements annuels marquent l’activité de l’organisation : la Table Ronde qui se déroule début décembre dans une salle à Rungis en banlieue parisienne, et l’«Université d’Eté» rebaptisée «Journées du Soleil» qui a lieu en juillet à la Domus Europa.

Localement, chaque bannière a ses propres activités à un rythme très inégal selon le dynamisme des animateurs et les possibilités de la région. Cela va des visites aux randonnées en passant par les solstices.

L’organisateur franc-comtois : Depuis 2018 (ou peut être depuis plus longtemps, à un autre endroit), Olivier Letondal militant Terre & Peuple et habitant Fondremand organise le solstice d’été dans un champ à l’abri des regards, et le solstice d’hiver chez lui autour d’un repas.

De gauche à droite : Olivier amoureux de la nature; Olivier avec un t-shirt aux couleurs de la division SS Charlemagne; Olivier chez les Gilets Jaunes à Besançon; Olivier au C9m en 2012

 

3-1 Le solstice d’été :

La fête du solstice d’été est certainement la plus spectaculaire et c’est celle qui attire le plus grand nombre de participants. Elle a lieu en plein air, en général dans un champ isolé des regards. Il y a un buffet et barbecue. Et la soirée se conclue par l’incendie d’un grand bûcher pyramidal accompagné de chants et de ronde aux flambeaux.

On pourrait presque croire à un feu de la Saint-Jean, sauf qu’il ne s’agit pas de tradition chrétienne, mais d’une tradition païenne fortement teintée d’ésotérisme néo-nazi.

Nous ne savons pas quand ont eu lieu les premiers bûchers du solstice d’été dans la région. Plusieurs groupuscules néo-nazis en ont organisé, que ce soient les nazi-skins de Poligny ou ceux du Haut-Doubs.

Ceux dont nous avons put garder une trace sont ceux organisés par le Front-Comtois en collaboration avec Terre et Peuple.

Ceux-ci se déroulaient généralement dans le nord de la Franche-Comté dans les alentours de Lure, Belfort, Montbéliard. C’était la période durant laquelle la bannière Comtoise de Terre & Peuple avait à sa tête Yvan Lajeanne.

Solstice TP et Front Comtois : à gauche on reconnait Paul-Arnaud Croissant, et à droite la silhouette d’Yvan Lajeanne (peut être, tout est flou)

Solstice TP et Front Comtois : en Franche-Comté aussi, on aime bien bruler des croix

NB : Yvan Lajeanne est un ancien du FN (adhérent à 17 ans) , il fut prof de l’éducation nationnale, il quittera ses fonctions pour avoir tenu des propos révisionnistes. Mais il est surtout, suite à la dissolution d’Unité Radicale, un des membres fondateurs des Jeunesses Identitaires. Puis tout en étant à la tête de la bannière Comtoise de Terre & Peuple, il « supervisera » la création des Jeunesses Identitaires Comtoise en 2005 puis du Front Comtois en 2009. Il rejoindra par la suite la Nouvelle Droite Populaire. Mais il finira par revenir au FN du Haut-Rhin, et tentera de créer une liste RN pour les municipales 2020 de Wittenheim .

Emplacement du solstice à Fondremand : Situé dans un champ en retrait de la route qui relie le village de Fondremand et le village de Hyet, et à l’orée sud du grand bois de Mailley, l’emplacement du bûcher est à l’abri des regards curieux, caché par des bosquets et profitant des mouvements du terrain. Un chemin forestier permet de s’y approcher et de stationner à proximité. Une tente militaire abrite les tables en cas de pluie.

Carte IGN : Cliquez sur l’image pour agrandir

 

Construction du bûcher, on y voit Olivier Letondal manier la tronçonneuse, est également présente une personne portant un sweat à capuche avec le logo du groupuscule néo-nazi Werwolf Sequania.

Pour accueillir les convives, une tente militaire est dressée. elle est décorée par des drapeaux de Terre & peuple, de la bannière comtoise mais également d’un drapeau néo-nazi où la croix gammée a été remplacée par la croix celtique… ce qui correspond bien au théories supprémacistes de Terre & Peuple qui ne font plus référence à la race aryenne mais à la race celtique beaucoup plus européenne à leur gout.

Nous sommes allés sur place, le terrain est marqué à l’emplacement des bûchers successifs

Qui est invité? : l’évènement est privé, il n’y a aucune publicité pour le solstice sur les différents blogs de l’extême-droite. On suppose que ce sont les organisateurs qui envoient les invitations aux militant-e-s de Terre & Peuple, ainsi qu’à d’autres militant-e-s et sympathisant-e-s d’extrême-droite radicale. Ce type de festivité permet la rencontre entre générations, entre anciens et nouvelles recrues. Et même si la figure du guerrier revient comme un leitmotiv quand on parle de Terre & Peuple, il ne faut pas voir les militant-e-s de Terre & Peuple comme des skinheads-nazis, cranes rasés, bombers et rangers aux pieds. A Terre & Peuple, il y a de tout : notaire, professeur d’histoire-géo, routier, artisant, militaire… mais aussi des nazi-skins… qui viennent en famille avec leurs enfants, et profitent de la longue soirée de fin juin pour déguster un cochon à la broche et écluser quelques quinquins de 8-6°. L’ambiance doit y être conviviale et familiale.

Mais il ne faut pas se leurrer, il s’agit de militants et de sympathisants néo-nazis, nostalgiques des théories volkisch nazies ne jurant que par la race et le sol. Le drapeau nazi à croix celtique sur la photo plus haut en apporte une preuve.

Et si le solstice d’été a un côté néo-païen folklorique, le solstice d’hiver revêt un aspect beaucoup plus politique malgré les guirlandes et les branches de sapins en décoration…

3-2 Le solstice d’hiver : fête de Yule (Jullfest en allemand)

Il n’y a donc pas que le solstice d’été qui est fété par les néo-nazis de Terre & Peuple, il y a également Yule, le solstice d’hiver.

Historiquement, le Jullfest a été institué par les nazis car ils estimaient que Noël s’était substitué aux fêtes traditionnelles germaniques liées au solstice d’hiver et de la « renaissance du Soleil » .De plus le caractère JUDEO-chrétien de Noël déplaisait à de nombreux théoriciens de la race aryenne (Jésus de Nazareth n’était il pas le roi des juifs?).

Dans le cas de Yule à Fondremand, il n’y a pas de bûcher, mais un repas est organisé chez Olivier. Une trentaine de personnes y est invitée. La décoration y est très inspirée…

Chez Olivier Letondal – grande rue, 70190 Fondremand

…On y retrouve en position centrale sur la table une SS-Julleuchter, que l’on peut traduire par « chandelier SS de Yule ».

Il s’agit d’un bougeoir décoratif qui a été institué comme une « décoration de service » lors des fêtes célébrées pour les SS. Heinrich Himmler souhaitait que l’on considère la SS-Julleuchter comme une décoration équivalente à une médaille SS. Elle fut donnée comme telle.

A gauche la SS-Julleuchter sur la table d’Olivier; au centre une remise de SS-Julleuchter; à droite : un banquet SS de Jullfest, on y remarque les Julleuchters entre les bouteilles.

A noter qu’à partir d’octobre 1937, une partie de la production de l’entreprise SS Porzellan Manufaktur Allach qui confectionnait les SS-Julleuchter, a été transférée au camp secondaire dépendant du camp de concentration de Dachau . Une grande partie des chandelier SS a donc été confectionnée par des esclaves juives, opposantes politiques, déportées…

Pour revenir encore une fois à la division SS Charlemagne : Lors de la débâcle du front de l’Est, le Julleuchter a été utilisé par les volontaires français dans la Waffen-SS de la division charlemagne. Un soldat survivant a dit :  » A la lumière d’une bougie allumée sur une Julleuchter , un chandelier de Jule, symbolisant la lumière du soleil ne meurt jamais, Fenet (officier français de la SS) décora un certain nombre de camarades avec la croix de fer . Bien que simple, la cérémonie ce soir semblait d’ autant plus extraordinaire ».

Mais reste la question : Le solstice d’été aura t’il lieu alors que nombre de manifestations estivales ont été annulées par mesures sanitaires? Ou est-ce que nos néo-nazis locaux voudront prendre des mesures pour respecter les gestes barrières, comme l’ont déjà fait leurs copains suprémacistes étatsuniens?? ou l’ont ils annulé ou déplacé après la date du 22 juin ?…

(il se peut que cet article soit modifié d’ici quelques jours)

Cérémonie du ku Klux Klan (extrait – « BlacKkKlansman – J’ai infiltré le Ku Klux Klan »); port du masque et distances respectés

En tout cas, le tas de bois est prêt. Olivier a profité du confinement pour braver les interdictions et aller débiter son bois en forêt.

Préparation du bûcher pour le solstice d’été 2020

 

Sources photographiques : La plupart des photos des solstices proviennent du Tumblr d’Olivier « NATURELLEMENT PAIEN » sur lequel il y a de très belles photos de ballades en forêt et des textes racistes et xénophobes à vomir.

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Procès contre Neonazi Hendrik M’bus Chansons terminées par “Sieg Heil”

En tant que « satansmurderer von Sondershausen », Hendrik Màbus est tombé dans l’histoire du crime. À Berlin, les néonazis, qui entretiennent des relations avec l’environnement de la NSU, doivent maintenant répondre de la sédition, entre autres choses.
Das Foto zeigt den Rechtsextremisten Hendrik Möbus bei einem Prozess in Erfurt im Jahr 2003

La photo montre l’extrémiste de droite Hendrik Mubus lors d’un procès à Erfurt en 2003

Photo :

Martin-Schutt/image-alliance / dpa/dpaweb

Une “riche” doit être créée, “non démocratique, arde et magnifique”, dit les paroles que le procureur présente dans ses accusations devant le tribunal de district de Berlin-Tiergarten ce matin. Elle cite également : “La taille n’accepte pas la dégénérée.” Et : “La vie sans sennouille” devrait “remercier si l’occasion justifiait cela”. Les paroles d’une autre chanson se terminent par “Sieg Heil”.

Le titulaire de la sédition et de la répartition des caractéristiques des organisations inconstitutionnelles, Hendrik Mubus, doit répondre à la question de la sédition et de la répartition des caractéristiques des organisations anticonstitutionnelles. Il a l’air calme. Il n’est pas sur le banc des accusés pour la première fois. Il est considéré comme bien connecté dans la scène néonazie internationale. Il a une grande expérience de la justice. En tant que “tueur satanique von Sondershausen”, M’bus est entré dans l’histoire du crime à l’âge de 17 ans.

Selon les frais actuels, il aurait distribué un CD d’un groupe français à partir de la mi-juillet 2015 via un site web, dont les chansons comprendraient des textes pleins de haine et d’agitation antisémite. Le procureur donne lecture de trois paroles au tribunal dans l’original, puis les traduit en allemand. “Les Juifs sont accusés par les paroles d’escroquer et de manipuler leurs semblables”, déclare le procureur. “En outre, les membres de la foi juive sont appelés vies inférieures, faibles et insensées.”

Huit ans de peine de meurtre pour meurtre

D’octobre 2014 à novembre 2015, il est prévu de distribuer des T-shirts, des patchs, des CD et des LP avec des symboles nazis interdits à Berlin, puis en Thuringe via un magasin de vente par correspondance. Sur certains T-shirts SS-dead, sur d’autres croix celtiques auraient été montrées sous forme stylisée. Ces croix celtiques sont extrêmement populaires auprès des adeptes de la nsbm.

Le co-défendeur Christian Sch., âgé de 43 ans, aurait imprimé les T-shirts dans son appartement à l’époque à Berlin et l’avoir envoyé à des clients. En outre, il y aurait des patchs, des CD et des enregistrements sur lesquels des croix gammées et des runes SS ont été montrés.

En 1993, depuis qu’il a été assassiné à Sondershausen, en Thuringe, avec deux amis, Sandro Beyer, âgé de 15 ans. Il a été condamné à huit ans de peine pour mineurs, a été libéré plus tôt en probation et a commis les crimes suivants. Le jeune sataniste est devenu un néo-nazi qui a insulté la victime du meurtre dans une interview sous le titre “People’s Pest” et a montré l’accueil de l’Hitler lors d’un concert.

Il a échappé aux forces de l’ordre allemandes en 1999 en s’enfuyant aux États-Unis, où il était par l’extrémiste de droite William L. Pierce, fondateur de la « National Alliance », une organisation américaine d’extrême droite, et auteur des « agendas racistes » racistes ont été créés.

Le roman, interdit en Allemagne, promeut la terreur juste. Le livre est diffusé parmi les néonazis allemands, il a également été trouvé sur un support de données des terroristes de la NSU.

Munbus ne veut pas parler des charges retenues contre

Au cours de l’été 2000, M. ‘M’bus a finalement traqué les enquêteurs du Bureau de police criminelle de l’État de Thuringe aux États-Unis. La demande d’asile présentée par Munbus aux États-Unis a échoué. Tino Brandt, proche confident des membres de l’USN Beate Sch’pe, Uwe Mundlos et Uwe Bohnhardt et en même temps V-man de longue date de la loi de la Constitution thuringienne, avait précédemment tenté en vain de plaider M’bus aux États-Unis, comme le montre une lettre de la Protection constitutionnelle de Thuringe dans les dossiers de la NSU. Il est de nouveau envoyé en prison en Allemagne.

Depuis ce lundi, il a maintenant assumé sa propre responsabilité devant le tribunal de district de Berlin-Tiergarten. Le tribunal est composé d’un juge professionnel, d’un juge professionnel, d’un arbitre et d’un juge non professionnel.

Ce jour-là, Màbus laisse les discours à 135 le plus possible à son défenseur. Il ne dit que “l’exécutif” à la question du président du tribunal, M. Kleing.nther, selon sa profession. Christian Sch., qui est né à Iéna, a vécu à Berlin entre et aujourd’hui en Suisse, dit qu’il est jardinier après la même question.

Ensuite, le procureur lit les accusations. Munbus et le coaccusé Sch. ne veulent pas s’exprimer sur ces accusations. Au lieu de cela, le défenseur de Môbus, Arndt Hohnstôdter, présente un blâme.

Le tribunal de district de Berlin-Tiergarten n’est pas du tout responsable, dit l’avocat de Leipzig, du moins pas pour tous les points de l’accusation. Son client ne vit pas à Berlin depuis décembre 2014, mais en Thuringe, c’est pourquoi la place de la juridiction dans la plupart des cas, l’accusation n’est pas Berlin, mais la Thuringe. Hohnstadter demande la séparation de la procédure. Seuls les deux points de l’acte d’accusation concernant des allégations antérieures à décembre 2014 devraient être tenus à Berlin selon lesquelles les autres devaient être jugés en Thuringe.

Le juge Kleing’nther termine le jour du procès. Le conseil a été examiné par la plainte. Le 23 En mars, ça continue. Le président du tribunal indique de manière insistance aux deux accusés qu’ils doivent retourner à Berlin. Ne les obligent pas, elles ne seraient pas obligées d’autoriser le tribunal dans le besoin.

Un festival de Black Metal en Ukraine ce week-end est l’événement de réseautage néo-nazi de l’année

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Des centaines d’extrémistes d’extrême droite convergeront vers la capitale ukrainienne ce week-end pour un festival de musique « militant black metal » qui, selon les experts, est devenu un centre de mise en réseau sur la scène néonazie internationale.

Asgardsrei, qui aura lieu samedi et dimanche au Bingo Club de Kiev, se présente en ligne comme un festival de black metal qui a « atteint le plus grand (et certainement le plus radical) » de la région.

« 2 jours, 14 groupes, 1 500 places, 0 tolérance »,
peut-on lire sur son site web.

Les chercheurs affirment que le festival est une vitrine pour le genre musical explicitement néo-nazi connu sous le nom de « black metal socialiste national », ou NSBM. La formation comprend des paroles violentes antisémites, faisant référence à l’Holocauste et aux croix croix croix, et avec des insultes anti-juives. L’un des groupes, Stutthof, porte le nom d’un camp de concentration nazi, tandis qu’un autre, le groupe français seigneur Voland, a une chanson intitulée « Quand les Svastikas étoilait le Ciel ».

Un autre acte, le groupe grec Wodulf, a une chanson avec les paroles: « Les normes d’Aryyan pourraient se déployer en triomphe / Fidélité immortel à la croix gammée ». Des images du festival de l’année dernière montrent des membres du public qui donnent un grand salut nazi lors des représentations.

“Les organisateurs ont été très habiles en connectant presque la scène néonazie européenne complète.”

Les experts de l’extrême droite disent que le festival, qui en est maintenant à Kiev, est devenu un important centre de réseautage pour le mouvement transnational de suprématie blanche. Le festival a été organisé par des individus liés au puissant mouvement d’extrême droite Azov de l’Ukraine, le groupe ultranationaliste qui a joué un rôle majeur dans la révolution et la guerre contre les séparatistes soutenus par la Russie à l’est. Il comprend également une « nuit de combat » aux arts martiaux par un club de combat affilié à Azov le vendredi soir.

Le festival a précédemment attiré des extrémistes de groupes, y compris l’organisation néo-nazie Atomwaffen Division basée aux États-Unis, le parti allemand The Thirdth Path Party, et le néofasciste italien CasaPound.

« Il s’est imposé comme le grand festival de la scène socialiste du black metal », a déclaré Thorsten Hindrichs, un musicologue de l’université Johannes Gutenberg de Mayence, qui se spécialise dans les sous-cultures de musique d’extrême-droite.

Il a déclaré à VICE News que le festival constituait un point de contact important pour des groupes d’extrême droite disparates dans leur projet « de construire une communauté paneuropéenne d’extrémistes de droite ».

« Les organisateurs ont été très intelligents en connectant presque la scène néonazie européenne complète », ont ajouté Hindrichs.

Mollie Saltskog, analyste du renseignement au sein de la société de conseil stratégique The Soufan Group, a déclaré que les organisateurs de festivals s’étaient vantés l’année dernière qu’ils avaient « près d’un millier d’étrangers » lors de l’événement. Parmi eux figuraient des membres de la division Atomwaffen, y compris le chef de la cellule d’État de Washington du groupe, Kaleb James Cole, qui a passé 18 jours en Ukraine dans le cadre d’un voyage de 25 jours en Europe.

« Il est probable que de nombreuses personnalités du mouvement transnational de suprématie blanche, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Ukraine, participeront au concert et aux activités qui l’ont entouré ce week-end à Kiev », a déclaré Saltskog à VICE News.

« Le moment est venu pour les membres du mouvement transnational de se rencontrer, de se mettre en réseau, de forger des connexions internationales et d’échanger des tactiques et des expériences pour ramener chez eux leur propre « combat ». Saltskog continua.

Avant le festival de l’année dernière, a-t-elle déclaré, Azov avait accueilli une conférence internationale d’idéologues d’extrême droite, où ils ont discuté de sujets tels que « le paganisme nordique en tant que métaphysique ».

Lire : Un hooligan de football néo-nazi tente de construire un empire MMA à travers l’Europe

Hindrichs a déclaré que Kiev était devenu un « espace sûr » où des événements comme Asgardsrei pouvaient se produire sans perturbation de la part des autorités ou des manifestants. Il a déclaré que l’importance croissante du festival sur la scène internationale d’extrême droite signifiait qu’il méritait une attention accrue de la part des services de sécurité occidentaux pour surveiller les contacts que leurs extrémistes faisaient potentiellement à Kiev.

« Il y a des choses horribles qui se passent là-bas », a-t-il déclaré. « Ce serait une bonne idée d’essayer d’empêcher les gens d’assister à la réunion.

Un pôle mondial

Selon Haaretz, Asgardsrei a été fondée par le néonazi russe Alexey Levkin, un dissident d’extrême droite qui est venu en Ukraine en 2014 pour soutenir Azov, qui a depuis activement noué des liens avec des groupes partageant les mêmes idées ailleurs.

Levkin se décrit lui-même comme un idéologue « qui donne des conférences sur la culture, l’histoire et la pensée politique contemporaine » à la milice nationale – l’aile de rue paramilitaire du mouvement tentaculaire d’Azov, qui a également un régiment incorporé dans l’armée nationale ukrainienne, ainsi que son propre parti politique, le Corps national.

En plus de faire face à son propre groupe, M8L8TH, qui se produira à Asgardsrei, Levkin est également un membre clé de Wotanjugend – un groupe néo-nazi basé en Ukraine qui a promu une traduction en russe du manifeste du tir de Christchurch. Saltskog a déclaré que Wotanjugend était « initialement établi en Russie, mais utilise l’Ukraine comme base pour faire fonctionner et propager son idéologie néonazie et son message de haine, sous ce qui semble être le patronage d’Azov ».

https://www.dailymetal.com.ua/wp-content/uploads/2019/12/77193854_2505752266326792_5426621819069136896_o.png

Levkin a déclaré à VICE News que « seuls deux ou trois groupes sur la formation pouvaient vraiment être considérés comme des actes de la NSBM », y compris son propre acte, M8L8TH.

Levkin a nié le festival être devenu un centre de mise en réseau pour l’extrême-droite et a expliqué qu’il s’agissait « avant tout de briser… tabous ».

« Nous respectons tous les artistes qui osent vraiment défier le récit dominant de la société occidentale contemporaine », a-t-il déclaré.

Et quand on lui a demandé s’il se considérait comme un national socialiste, il a répondu : « Oui, bien sûr. »

Les chercheurs ont déclaré que l’événement a mis en lumière la façon dont l’Ukraine, à travers l’influence d’Azov et des mouvements d’extrême droite affiliés, est apparue comme une plaque tournante mondiale pour les extrémistes de depuis le déclenchement de la guerre. Ces dernières années, des événements comme Asgardsrei ont attiré des radicaux étrangers en Ukraine pour travailler en réseau avec des extrémistes affiliés à Azov, où ils ont documenté leur présence lors d’événements sous-culturels d’extrême droite tels que des concerts et des tournois de MMA sur les médias sociaux.

LIRE : Les extrémistes d’extrême droite ont utilisé la guerre en Ukraine comme un terrain d’entraînement

Pendant ce temps, Azov a poursuivi un programme de sensibilisation pour cultiver les liens avec les groupes d’extrême droite à l’échelle internationale. Olena Semenyaka, secrétaire internationale du parti politique d’Azov, qui a des liens étroits avec Levkin, a voyagé pour rencontrer des contacts en Allemagne, en Suède, en Italie, en Croatie et au Portugal au cours de l’année écoulée.

La semaine dernière, un groupe ukrainien d’extrême droite s’est même rendu en première ligne des manifestations de Hong Kong, qui ont suscité des inquiétudes quant à la tentative de tirer des leçons des manifestations pro-démocratiques à utiliser dans les violentes manifestations de rue à la maison.

LIRE : Qu’est-ce que les fascistes ukrainiens font aux manifestations de Hong Kong ?

Image de couverture: Les combattants du bataillon de volontaires d’Azov allument des fusées éclairantes lors de la marche marquant le 72e anniversaire de l’armée ukrainienne d’insurrection à Kiev, en Ukraine, mardi oct. 14, 2014. (AP Photo/Sergei Chuzavkov)

Blood and Honour Nusantara : Analyse relationnelle d’une scène musicale extrême, le Darah & Maruah movement (Malaisie, Singapour)

https://shs.hal.science/halshs-02360137/

2019 : Cette communication s’intéresse à la scène musicale malaisienne Darah & Maruah [blood and honour], scène néo-nazie de RAC et de black metal apparue dans les années 2000. La formalisation des liens entre musiciens et groupes sous forme de graphes bipartis permet de mettre en évidence les acteurs les plus centraux, acteurs généralement investis de manière multiple dans cette scène. La question de la personne dans le black metal constitue un obstacle à l’objectivation scientifique et à l’analyse fine des trajectoires individuelles

extraits :

Les scènes RAC existent toujours aujourd’hui, elles sont cependant vieillissantes et n’ont guère su se renouveler musicalement – ce constat est également valable pour les scènes punks d’extrême-gauche. Dans les pays européens, une poignée de concerts clandestins sont organisés chaque année par les réseaux BH et Hammerskins mais l’audience ne dépasse qu’exceptionnellement la centaine de personnes. Les seules exceptions concernent des groupes ayant su fidéliser leur public au fil des décennies (Lemovice ou In Memoriam en France) et la scène italienne où le réseau des Casapound (centres sociaux d’extrême-droite) permet l’existence d’une scène musicale fasciste active. L’apparition d’un genre musical plus agressif, le black metal, a sans doute contribué à marginaliser le RAC.

La « deuxième vague » (là encore, il s’agit d’une construction a posteriori) apparaît en Norvège au début des années 1990 et attire rapidement l’attention médiatique en raison des violences qui l’accompagnent (meurtres, incendies d’églises – voir Moynihan et Soderlind, 1998). Elle provoque aussi un renouveau de l’esthétique metal, le black metal étant depuis l’un des genres les plus actifs
de la scène metal (Beauguitte et Pécout, 2019a). L’un des artistes les plus influents de cette deuxième vague, Varg Vikernes, seul membre du groupe Burzum, se met à écrire en prison des textes politiques mêlant paganisme, racisme et antisémitisme, ce qui va favoriser le développement du NSBMBurzum n’étant cependant pas un groupe NSBM. [Burzum = Varg Vikernes en est précisément la figure définitive]

Produisant des albums sombres, violents, aux textes généralement non compréhensibles à l’écoute, le NSBM séduit musicalement bien au-delà des seuls militants d’extrême-droite – ce qui n’était guère le cas du RAC. Le black metal en général revendiquant un côté misanthrope, nihiliste et choquant, il n’était pas surprenant de voir apparaître des svastikas sur les pochettes de disques ou des textes à la gloire d’Hitler. Comme l’écrit Olson à propos de la scène du milieu des années 1990, « swastikas and racism were largely provocations; one example of misanthropy among many. » (Olson, 2012). Taylor à propos de la scène norvégienne écrit quant à elle « Black metal’s appropriations of Nazism, along with satanism and Norse paganism, are also related to the scene’s propensity for misanthropy – its celebrations of violence and war, and discourses about survival of the fittest or purging the weak. » (2010). Si des groupes de NSBM existent un peu partout dans le monde, il s’agit d’un phénomène très marginal et peu de groupes se revendiquent ouvertement NS (Maspero et Ribaric, 2014).

En ce qui concerne les caractéristiques de ce sous-genre très marginal, on peut noter :

  • le nombre élevé de one-man-band,
  • le caractère très confidentiel des productions discographiques (les tirages à 14 ou 88 copies3 sont fréquents),
  • le très faible nombre de groupes donnant des concerts et la rareté de ces concerts (une poignée par an dans les pays européens).

Qu’il s’agisse du RAC ou du NSBM, il est souvent délicat de parler de scène
musicale au sens strict. En effet, le caractère confidentiel et clandestin des productions empêche le plus souvent que ces artistes puissent rencontrer leur public en dehors des forums en ligne. Il existe pourtant quelques exceptions en Europe (Italie, Ukraine) et, plus surprenant a priori, en Asie du Sud-Est, les scènes RAC et NSBM en Malaisie et à Singapour étant regroupées dans le Darah & Maruah Movement et formant, comme nous allons le voir par la suite, une scène musicale active et plurielle.

Le mouvement Darah & Maruah vise explicitement à unir groupes RAC et groupes metal de ce qu’ils considèrent comme l’aire culturelle malaise (Nusantara),soit la Malaisie, Brunei, Singapour et l’Indonésie.

Sur l’ensemble de la période, 47 groupes et 136 musiciens (le masculin s’impose, 135 sont des hommes) composent le corpus étudié.

31 de ces groupes sont membres du D&M, 24 étant en Malaisie et 7 à Singapour.

Le statut de ces 47 groupes est le suivant :
19 sont actifs aujourd’hui, 7 ont changé de nom, 2 sont en pause, 8 se sont séparés et l’information est inconnue pour 11 d’entre eux. Les dates de début des groupes sont manquantes pour 15, les dates de fin pour 7. En ce qui concerne l’appartenance des musiciens aux groupes, la date d’entrée dans le groupe manque dans 30% des cas (66 sur 230), la date de fin dans 20 % des cas (48).

En ce qui concerne les groupes membres du D&M, si 75 musiciens jouent dans un groupe et un seul, ils sont 16 à jouer dans au moins deux groupes et le plus prolifique, Andika, a été/est membre de 13 groupes différents – il anime également le micro-label Heritage Nusantara.

En ce qui concerne la composition des groupes, elle varie de 1 (2 one-man bands de metal et 3 groupes pour lesquels la composition est partiellement connue) à 15, l’instabilité des groupes comme de leur composition étant fréquente.

Ce type de catnet, impliquant une poignée de musiciens multipliant les projets avec ou sans message politique, supposant des compétences multiples (organisation de concert, animation de label, graphisme), est similaire à toutes les scènes musicales underground, quelle que soit la coloration politique (ou son absence) et le style (cf Gosling, 2004, sur les scènes anarcho-punk nord-américaine et anglaise).

Par rapport à d’autres cercles de black metal néo-nazi (le Sourthern Elite Club argentin ou le BlazeBirth Hall russe, voir Beauguitte et Pecout, 2019b), le D&M se distingue par sa grande diversité musicale, son nombre plus élevé d’acteurs et sa capacité à organiser des concerts, lesquels sont parfois annulés en raison de la pression conjuguée des autorités et des militants antifascistes locaux (Ferrarese, 2019).
Une originalité supplémentaire repose dans l’intégration réelle de la plupart de ces activistes dans la scène metal du pays. Jouant dans des groupes ouvertement néo-nazis et dans des groupes sans message politique, ils apparaissent tantôt dans des festivals généralistes, tantôt dans des festivals semi-clandestins et ultra-nationalistes.

Multiplier les projets, les pseudonymes, est aussi une stratégie permettant à la scène de se maintenir dans un contexte souvent hostile. Le fait que la Malaisie soit une dictature dirigée par un parti unique de droite nationaliste n’est pas nécessairement un atout, le metal ayant été régulièrement réprimé voire interdit dans le pays.

Choisir un nom de scène, et ce qu’elle que soit la pratique artistique, est banal.
Multiplier les pseudonymes est rare dans certaines pratiques (cf le cas Romain Gary – Émile Ajard) mais très fréquent dans d’autres, notamment dans les cultures underground ; Joe d’Amato (cinéma bis) signait ses films de façon multiple (David Hills, Dirk Frey, Peter Newton, etc.). Si le cas du black metal est un peu spécifique (cf infra), considérer que la personne civile et l’artiste ne forment qu’un seul et même individu ne semble guère poser de problème (la mort de Jean-Philippe Smet n’a pas provoqué un délire journaliste et
politique national en France, celle de Johnny Halliday si).

Selon le théoricien Philip Auslander, dans la musique populaire, on peut distinguer trois couches (« layers »):

  • « the real person (the performer as human being),
  • the performance persona (the performer’s self-presentation),
  • and the character (a figure portrayed in the song text) » (cité dans Waksman, 2009, p. 73).

Certains artistes du D&M poussent la logique plus loin et Andika prend un nom différent pour (presque) chaque projet dans lequel il s’investit (cf encadré). Ce cas limite se vérifie pour d’autres artistes de cette scène : le guitariste Black (pseudonyme pour les groupes Exothermix, Hikayat, Muntah et Slaydeath) utilise également Daeng Hitam (Jugra) et Black Kecik (Firasah) ; le batteur Apit
a utilisé les peudonymes Hafiz (Steel Crescent, Hikayat), Panglima Demang Bersiong (Singhasari) ou Blackgoats (Santau) – liste non exhaustive – et l’on pourrait multiplier les exemples. Cela renvoie parfois à un choix du groupe : les musiciens de Wraith portent tous des numéros ; dans Vetis, le pseudonyme doit commencer par SS. Tous ces pseudonymes ont été conservés mais ils ont été agrégés pour les représentations et les mesures ; un musicien peut avoir 5 ou 10 pseudonymes mais comprendre son rôle dans une scène musicale nécessite de pouvoir l’identifier comme un musicien et un seul.

Encadré 1: Neuf pseudonymes par personne ? L’exemple d’Andika
Andika est l’un des leaders du Darah & Maruah movement, propriétaire du label Heritage Nusantara, et impliqué dans de nombreux projets. Sa page metal-archives (consultée le 17 janvier 2019) recense 9 groupes actifs et 9 groupes passés. S’il utilise le plus souvent comme nom de membre Andika, il utilise également les pseudonymes suivants (nom de groupe entre parenthèses) : Daemonia Darkbearer (Banshee, Dexekrators, ce deuxième groupe étant issu de la séparation du premier), Daging Virus A (Meatcleaver), Asri (Raptor), N°5 (Wraith), Udin (Firasah), Daemonia Darkbearer of Bestial Warkommand and Blasphemik Howl of Pontianak (Hellscream), Daeng Andika (Jugra) et SS Warkommand (Vetis).

Si un musicien peut choisir des noms de scène différents, a priori la situation est différente pour un groupe, ensemble supposé à peu près stable de musiciens, identifiable par son nom voire son logo. Or, et cela était parfois explicite et parfois implicite dans les résultats relatifs au D&M, ce caractère clairement défini de l’objet est trompeur.
Si l’on prend l’exemple du groupe Momokz créé en 2009, devenu Momok en 2010 et Antaboga en 2011, est-il pertinent de considérer que les deux premiers ne font qu’un alors que le troisième serait fondamentalement différent ? Examiner la composition des trois groupes permet de justifier ce choix : 3 musiciens créent le groupe originel en 2009, 2 restent jusque 2011, date à laquelle la composition et le nom du groupe changent complètement. Avoir une attitude nominaliste en ce qui concerne les groupes n’est pas absurde : le nom d’un groupe est ce qui lui donne son identité, que ce soit sur scène ou sur disque. Malgré l’instabilité parfois très forte des formations, le fait de garder le nom originel a un sens pour le public du groupe.

Enfin, deux cas particuliers doivent être mentionnés : Wraith et As Sahar qui font
tous deux partie du D&M lors de la première partie de leur carrière. En 2014, la
composition du groupe Wraith change complètement, ses nouveaux membres choisissent de continuer sous le même nom mais en effaçant toute référence au nazisme. As Sahar choisit lui aussi d’effacer toute référence au D&M suite au départ de deux musiciens autour de 2012 ; l’un de musiciens les plus actifs du D&M, le batteur Apit, joue depuis 2017 dans ce groupe, ce qui explique la présence dans les données d’un As Sahar 1 et As Sahar 2.

Dès les origines du black metal, l’usage du pseudonyme plus ou moins évocateur s’impose. Comme l’écrit Patterson, en choisissant des noms de scène, le groupe anglais Venom

« inadvertently kick-started a tradition that would become almost mandatory within black metal »,

le leader Cronos expliquant dans une interview au magazine américain Sounds

« There are more than stage names. They are states of mind. It’s sort of a possession » (Patterson, 2013, p. 9).

Le groupe Bathory innove de son côté en refusant toute photographie promotionnelle, masquer voire effacer l’identité sociale des musiciens est une volonté explicite (id, p. 28).

La deuxième vague de black metal issue de Norvège ajoute un élément qui s’impose rapidement, le maquillage en noir et blanc nommé corpse paint. Si l’influence du groupe Kiss est affirmée par la plupart des acteurs de la « deuxième vague du black metal », l’ambition est différente, il s’agit tout à la fois d’effacer son identité sociale et de créer un univers inquiétant et malsain. Comme l’affirme alors Faust du groupe Emperor, « When we, under a gig or during a photo session, are using corpsepaint [sic], we are usually in a
state of mind that makes us feel like we are getting nearer darkness (and maybe even one with darkness)… At such events, I look at myself as one of the creatures of the night…child of darkness » (Plillipov, 2011).


2016 : Un groupe de Malaisie s’affiche “NS D-beat”

NS D-Beat 🤔 c’est du RAC de faf, pas besoin d’écouter. La D-beat est une scène antiraciste internationale depuis 45 ans.

https://cdn-asia.uniteasia.org/uploads/2016/06/barthata.jpgLe visuel promotionnel de mauvais goût avec mise en scène victimaire=identitaire de la censure.

translated as the following:

“World’s First National Socialist D-Beat

D-Beat is known as an exclusive music for the left-wingers, however, things have changed with the new release by BARTHAFAH. This is the first D-Beat band with national socialist ideals containing 8 songs that discuss Nationalism, Patriotism and NS. The record will be released by Heritage Nusantara Produktion, limited to 30 copies.”

Here’s the uncensored version of the band’s album cover with the swastika clearly visible:

barthafah

According to this link: http://www.metal-archives.com/bands/Barthafah/3540351297 Bartafah are said to be part of a right wing movement called Darah & Maruah PST TM.

 


Voir le film :https://laspirale.org/public/est-tenebres04.jpgA l’Est de l’Enfer – 2014

Call of Terror 3

Dans la région lyonnaise, un énième concert de black metal néonazi

C’est devenu une habitude. Pour la troisième année consécutive (lire ici et là), un concert de black metal néonazi est organisé ce samedi 9 février dans la région lyonnaise.

Toujours la même musique. En février, les néonazis locaux organisent leur festival de musique, en l’occurrence du National Socialist Black Metal (NSBM).

Ce « Call of terror fest III », aura lieu ce samedi 9 février. Comme chaque année, on attend plus de 400 personnes en provenance des quatre coins de la France.

Où vont-ils se donner rendez-vous ? Sur la page Facebook de l’événement, les organisateurs restent toujours aussi flous et parlent d’un concert dans la « région lyonnaise ». Comme d’habitude, ils indiqueront au dernier moment aux participants l’endroit exact où il leur faudra se rendre.

À qui le tour de se faire « gruger » par les organisateurs néonazis ?

Les forces de l’ordre disent ne connaître, elles aussi, qu’au dernier moment le lieu précis de ce type de rassemblement. Ce qui s’était déjà produit pour les tournois de free-fight ou les précédents concerts organisés par la mouvance Blood and Honour, qui est toujours à la manœuvre.

Pour la première édition de « Call of terror », les organisateurs avaient jeté leur dévolu sur la salle des fêtes de la commune de Saint-Genix-sur-Guiers, à 80 km de Lyon, à limite de l’Isère et de la Savoie.
Le maire de la commune reconnaissait dans les colonnes du Dauphiné s’être fait « gruger » puisque la soirée avait été réservée « pour une réunion de motards ».

La deuxième édition s’était déroulée à Bregnier-Cordon, dans l’Ain, à 8 km du lieu du premier concert.

« On aurait tort de les considérer comme de simples admirateurs d’Hitler »

À la suite à la première édition de « Call of terror », nous avions publié le récit d’un participant, un amateur non pas de « NSBM » mais de metal.

Comme d’autres témoins, il décrivait les participants à la première édition de « Call of terror » comme un public de « métalleux » lambda mais qui passait leur temps à faire des saluts nazis. De son expérience de 20 ans de concerts, il tirait cette conclusion :

« Le mouvement NSBM en plein essor est à la mode [dans le milieu black metal, ndlr], radicalement décomplexé et sans retenu. Et ça va pas en s’arrangeant. Avec l’apologie du nazisme, de la violence et de l’intolérance la plus primaire pour certains et beaucoup d’effet de groupe. »

Un autre fan de black metal et auteur d’une lettre d’info confidentielle « Observatoire NSBM » alerte sur le sujet, également sous couvert d’anonymat :

« On aurait tort de les considérer comme de simples admirateurs d’Hitler. Ce sont des néonazis à tendance Folkish. Leur musique est une façon de faire de la métapolitique, de la politique par la pratique culturelle. Et dans le black metal, ils prennent de plus en plus de place. »

La tendance « Folkish » mêle musique metal et mouvement völkisch, courant intellectuel issu de l’Allemagne de la fin du XIXème siècle qui mêlait spiritualité païenne, mythologie germanique et antisémitisme. Les thèmes développés dans leurs textes ne sont pas directement politiques mais portent sur l’histoire, la nature ou les mythes.

Références au nazisme et proximité avec le Bastion social

Au vu de la programmation, le « Call of terror fest III » va se dérouler de la même manière que les deux premières éditions.

Cinq groupes vont se succéder. Parmi ces groupes, on retrouve deux habitués de ce festival néonazi : les Finlandais de Goatmoon, présents déjà en 2017, tout comme les Français de Baise ma hache.

Voici quelques éléments sur trois de ces groupes qui se produiront samedi :

  • Le groupe allemand « Stalhfront » a participé à Night of honour chez Serge Ayoub, le « parrain des skins français », à Berzy-le-Sec. Il était également présent à Asgardrei en décembre dernier à Kiev, un rassemblement NSBM international produit par les paramilitaires du Secteur Droit et du Régiment Azov, du mouvement ultra-nationaliste à la fois organisation paramilitaire et parti politique.

 

  • Question logo, « Vermine » n’est pas mal non plus, avec une croix celtique dans le nom. « Vermine » aime poser armé sur les réseaux sociaux. Il sera sur scène avec un dénommé Famine. Son groupe, Peste noire, a été associée à une démo intitulée « Aryan Supremacy ». Proche du GUD/Bastion social, il a participé à l’inauguration de l’antenne du Bastion social à Clermont-Ferrand avec « Vermine », justement. Il faisait également partie de la rencontre qui avait lieu le lendemain de la première édition du « Call of terror » dans le local du GUD à Lyon, en 2017.

Quel dispositif d’ordre public ?

Cette proximité entre le Bastion social et les néonazis du black metal fait craindre la venue de membres de l’extrême droite radicale lors de l’Acte XIII des « gilets jaunes » à Lyon qui aura lieu, comme chaque semaine, le samedi après-midi, à quelques heures du concert. Et comme chaque week-end, les militants lyonnais du Bastion social appellent à manifester.

Dans une lettre envoyée par mail ce vendredi matin à plusieurs centaines de maires de la région de Lyon et au préfet de région, l’association Agir pour l’égalité « alerte » sur la tenue de ce concert :

« Nous encourageons les maires à prendre, autant que possible, les précautions nécessaires afin d’éviter la tenue de cet évènement sur leur commune, en vérifiant les réservations prévues pour ce week-end dans les salles communales. Nous encourageons également vivement Monsieur le préfet de Région à alerter les maires des environs à être tout particulièrement vigilants sur les rassemblements organisés sur leurs villages durant ce week-end ».

Contactée par Rue89Lyon, la préfecture de Région assure, par la voix de son porte-parole, « suivre cela de près » mais sans savoir où le concert se déroulera :

« Ils jouent sur les limites des départements. Si cela se déroule sur la voie publique, nous prendrons toutes les mesures qui s’imposent. Et si on constate des éléments d’ordre xénophobe ou antisémite, le préfet fera également preuve d’une grande fermeté ».

Dans un communiqué délivré ce vendredi à 17h30, la préfecture annonce « un dispositif de sécurité adapté » au vu de « groupuscules radicaux qui pourraient participer à la manifestation lyonnaise » : davantage de forces mobiles et de contrôles d’identité ainsi qu’un arrêté interdisant la consommation d’alcool sur la voie publique et l’utilisation de feux d’artifice et pétards. « Des mesures d’enlèvement et de déplacement du mobilier urbain seront prises », indique également le communiqué.

Graveland et Nokturnal Mortum à Milan

Nihil Prod presents
HAMMER OF THE GODS Festival I
– GRAVELAND (Pol)
www.facebook.com/GravelandPoland
– NOKTURNAL MORTUM (Ukr)
www.facebook.com/nokturnalmortumofficial
– DARKEND (Ita)
www.facebook.com/darkendofficial
– TBA
– IMAGO MORTIS (Ita)
www.facebook.com/imago.mortis.1994

Location: Milano, Italy

Ain : Annulation du Ragnard Rock Festival 2017, en plein préparatifs les promoteurs NSBM völkisch escrocs disparaissent avec la caisse des préventes en laissant 128K de dettes.


Dossier de presse Ragnard Rock 2015-2016

Les alertes ont été multiples, dés 2015 à l’occasion du concert de Nokturnal Mortum, puis massives dés l’annonce de Graveland du Pagan Front en décembre 2015. L’édition 2016 du rassemblement NSBM sous les traits d’un festival metal viking a fait couler beaucoup d’encre, sans vraiment comprendre les enjeux et finalement Ragnard Rock a ouvert la brèche des rassemblements autours des figures völkisch, NSBM et RAC.

Nokturnal Mortum : Grabuge au festival viking :
http://www.leprogres.fr/ain/2015/07/20/du-grabuge-avant-le-concert-de-nokturnal-mortum

Nokturnal Mortum interdit en Biélorussie
https://www.facebook.com/nokturnalmortumofficial/posts/10156956628115487

https://www.concerts-metal.com/images/files/1427634438.webp


Seconde Edition :
Figures NSBM völkisch, UkraignoSS, Aube Dorée, Pagan Front, …

https://antipestenoire.noblogs.org/files/2016/03/Screenshot-11022016-193536-1024x576.png

https://antipestenoire.noblogs.org/files/2016/03/montage1.png

Naer Mataron est connu comme le groupe d’une figure skinhead RAC numéro trois, responsable des jeunes, et député d’Aube Dorée, le parti néonazi grec, Geórgios Germenís, désormais condamné à 15 ans de prison.https://antipestenoire.noblogs.org/files/2016/02/Vikings-1.jpg

[RHÔNE-ALPES] Simandre sur Suran, les néo-nazis font main-basses sur le Black Métal.

Fafwatch Franche-Comté va pour une fois se permettre de déborder un peu de son périmètre régional d’action pour jeter un œil du côté de l’Ain et plus précisément du côté du petit village de Simandre-sur-Suran.

Du 21 au 24 juillet 2016, se déroulera pour la 2ème année consécutive le « festival viking » Ragnard Rock Festival.

Le folklore viking est très à la mode depuis longtemps dans la scène métal et cela bien avant le série télévisée « Vikings », donc rien de surprenant à ce qu’un festival de métal reprenne le thème.

Ce qui choque c’est surtout sa programmation très « éclectique », puisqu’on y trouve des groupes apolitiques (comme l’est en général le mouvement métal) et des groupes fascistes et néo-nazis.

Il est plutôt rare que les deux styles soient associés, soit parce que les organisateurs ne souhaitent pas mêler la politique à la musique, soit parce que l’organisation d’un concert néo-nazi se fait dans une certaine discrétion afin d’éviter une interdiction venant des pouvoirs publics (et oui, n’oublions pas que la propagande néo-nazi est interdite).

Concernant le Ragnard Rock festival, les organisateurs et organisatrice ont décidé volontairement de dissimuler les groupes « politiques » au milieu d’autres groupes et de ne surtout pas les mettre en tête d’affiche.

Avant tout, une petite introduction sur certains terme tel que le NSBM, le National Socialisme Black Metal, ou tel que Folkish paraît nécessaire …

NSBM1

NSBM, Folkish :

Le NSBM est un sous-groupe politisé de la scène Métal. Les groupes qui peuvent en faire partie pourront se revendiquer pagan, folk, dark, black ou death, ce qui les relie est un attrait réel pour les régimes autoritaires, identitaires, xénophobes et racistes (nazis, fascistes, ultra-nationalistes…). Il ne s’agit pas uniquement d’une posture « rebelle » ou « provocatrice » (caractéristique à toute la scène rock, mais particulièrement développée dans le Black Metal), il s’agit de réelles convictions. Les noms et les logos des groupes sont explicites (croix gammées, ou soleil noir SS, etc)

Ces convictions peuvent se traduire de façon directe dans les thèmes et les paroles de chansons qui seront ouvertement antisémites, racistes, vantant le 3eme Reich…ou dans les insignes et les logos exhibés issus de la « culture » SS. Pour beaucoup le NSBM se cantonne à cela, mais rien n’est simple quand on parle d’engagements personnels.

Tous les groupes métal racistes ne donnent pas dans ce type de haine directe. Beaucoup, plongent dans un folklore identitaire mélangeant instruments traditionnels et sonorités Black Metal. Rien de bien méchant à première écoute, plutot mélodique, sauf qu’ils appartiennent à des labels qui ont une posture « philosophique » ouvertement identitaire et excluante. Ils appartiennent principalement à la mouvance Folkish, sachant que la mouvance Folkisch est largement inspirée du Volkish et du national-socialisme allemand et que l’on peut dire que le Folkish est une face métapolitique du NSBM.

Si pour beaucoup rien ne transpire dans les chansons, a contrario les discours, les propos, les engagements politiques tenus en dehors du studio d’enregistrement ou de la scène sont beaucoup plus explicites et participent également à la notoriété des groupes auprès d’un public de plus en plus tourné vers les idéologies d’extrême-droite comme c’est le cas en Europe de l’Est actuellement.

Certains groupes se retrouvent au sein du Pagan Front, groupe métapolitique usant de la musique pour véhiculer des idées identitaires, racistes et xénophobes. Mais ce n’est pas le cas de tous.

Selon les pays et les rebondissements politiques dans ces derniers, de nombreux groupes de metal sortent de leur posture apolitique pour apporter leur soutien aux partis ultra-nationalistes, néo-fascistes, néo-nazis. D’autres ayant depuis longtemps affiché leur idéologie puante passent pour les parrains du mouvement.

Bref l’implication des groupes à l’extrème droite est variée, et si on ne peut tout mettre dans le même tiroir, le Ragnard Rock Festival collectionne une belle brochette d’hypocrites, jurant en avoir fini avec « les conneries ou les erreurs de jeunesse », mais toujours présents pour soutenir les partis néo-nazis qui pullulent en Europe de l’Est.

Pour en savoir plus sur le NSBM : https://fr.wikipedia.org/wiki/National_socialist_black_metal

Mais reprenons…

En juillet prochain aura lieu le second Ragnard Rock, revenons d’abord sur la première édition.

1- Le ragnard rock première édition :

1-1 Nokturnal Mortum

Il s’agit du groupe qui a fait polémique l ‘année passée.

Dans les groupes à l’affiche pour cette première édition, il aura fallu longtemps pour que l’on distincte le groupe Ukrainien. En effet l’affiche ne fait apparaitre que les logos des groupes en tête d’affiches comme le veut la tradition dans l’univers du métal, …et Nokturnal Mortum a modifié son logo. Donc pas reconnaissable au premier coup d’oeil. Ensuite certains (également la presse) s’en sont émus mais un peu tard, hélas, acceptant les explications fumeuses des organisateurs.

Nokturnal mortum logo1

Ancienne calligraphie NSBM du groupe

Nokturnal mortum logo2

Nouvelle calligraphie

Nokturnal Mortum est un groupe ukrainien lié à la scène NSBM (National Socialist Black Metal )

Il y a quelques années, ce groupe assumait sans vergogne son appartenance à la scène NSBM du Pagan Front (principal label NSBM)

Concert nm

Concert de Nokturnal Mortum : beaucoup de bras tendus

Mais à la veille du Ragnard Rock festival 1ere édition, les responsables du festival ont voulu nous faire croire que Nokturnal Mortum avait tourné la page…

« Nokturnal Mortum a un passé obscur, reconnaît le directeur du Ragnard Rock Fest. Mais ils l’ont réglé il y a une dizaine d’années. C’est une grosse connerie de jeunesse. Ils s’en sont excusés et ont rayé toute référence au nazisme. » (article du progrès : faut-il-bruler-nokturnal-mortum ).

Et depuis Nokturnal Mortum se serait tourné vers la mythologie et le folklore ukrainien dont les thèmes occupent désormais la quasi-totalité des nouvelles compositions…

Mais l’Ukraine a elle aussi subit un bouleversement politique, et certains ukrainiens se sont eux-aussi tournés vers la mythologie et le folklore national. Et quand on parle de folklore et de mythologie, il faut comprendre repli identitaire et toute la merde culturelle qui tourne autour.

Depuis les évènements du Maidan en hiver 2013-2104, Nokturnal Mortum a apporté et continu a apporté son soutien à un frange bien spécifique de la scène politique et militaire ukrainienne.

Affiche pour un concert organisé par Pravyï sektor le Secteur Droit (parti d’extrême droite ultranationaliste, et néo-nazi) :

NM-concert SD

Toujours en 2014, concert de soutien pour le bataillon Azov constitué de miliciens néo-nazis ukrainiens.

NM-concert Azov

Pour rappel voici quelques photos du bataillon Azov.

Azov1

Salut hitlérien, portait du führer, croix gammée…

Cerise sur le gâteau, pour leur soutien au bataillon Azov, Nokturnal Mortum a reçu une jolie plaque commémorative en guise de remerciement signé Dmytro Yarosh leader de secteur Droit et grand admirateur du nationaliste ukrainien Stepan Bandera qui collabora activement avec le Troisième Reich dans sa lutte contre l’URSS.

NM-azov

On trouve également lors de ces concerts de soutien la marque de vêtements sportifs SVA-STONE en tant que sponsor ou comme organisateur de l’évènement.

Svastone concert Concert azov SvaStone

Voici quelques photos de t-shirt qui en disent long sur « l’esprit » Sva-Stone.

Sva Stone 1 Sva Stone 2 Sva Stone 3

1-2 Les organisateurs

L’organisation est une affaire de famille puisque Andrea Gianelli et son père Franco sont respectivement président de l’association de la Compagnie d’Edoras (qui organise le festival) pour le premier et directeur du comité d’organisation pour le second. S’ajoute à eux Magali Gregaut, responsable logistique.

Gianelli

La famille Gianelli

La famille Gianelli est également gérante de la Taverne du Poney Fringant (une référence à Tolkien certainement) à Pont-de-Vaux dans l’Ain. Un bar avec une déco médiévale et dont l’une des rares affiches que l’on trouve sur le net possède déjà une connotation politique (pour ceux qui savent ce qu’est un soleil noir SS).

poneyfringant

Sur l’extrait suivant de la page facebook de Andrea Gianelli, on remarque des interets pour certains groupuscules néo-nazis comme Bataillon 732 (islamophobe et néo-nazi) Terre & Peuple (néo-nazi)…

groupes FB Giannelli

Mais également une page FB Ordensburg, qui ne fait pas référence aux forteresses des croisés germaniques mais aux écoles de formations des leaders nazis sous le 3ème reich.

On remarque aussi de nombreuses pages sur l’Odinisme.

Toujours sur son facebook, les liens vers des groupes NSBM sont trop nombreux pour que nous nous « amusions » à tous les mettre dans l ‘article, il y a une liste de groupe NSBM sud-américain impressionnante.

Sur la page facebook du Ragnard-Rock peu de références politiques (sinon les commentaires), si ce n’est pour l’équinoxe de printemps :

Equinoxe

« Symboles païns et inscriptions runiques » est une page facebook proche des idéologies de Terre & Peuple (voir ici) : raciste, antisémite, ethnocentriste, prônant la défense de la race blanche européene et le repli identitaire, foisonnant d’idéologie Folkish datant du 3ème reich.

1-3 L’artisanat néo-nazi : Terre Celtique

Lors du festival et en marges des concerts, on trouve un village viking avec des simulations de combats ainsi qu’un marché d’artisans présentant à la vente des artefacts issus des mythologies scandinaves créés par des passionnés. On y trouve également un stand tenu par la boutique néo-nazie Terre-Celtique de Grenoble (voir ici).

terreceltique3

Les boneheads de Terre-Celtique devant leur boutique

terreceltique4

posant avec le chanteur de Nokturnal mortum, lors du festival de 2015

Sur ce stand, le quidam (un peu averti) pourra acquérir :

terreceltique1 terreceltique2

1/ un écusson avec l’insigne de la 6e division SS de Montagne Nord

2/ des t-shirt avec un soleil noir de la SS

3/ un écusson avec l’insigne de la 34e division SS de grenadiers volontaires Landstorm Nederland

4/ des T-shirt du groupe Burzum (qui n’est pas un groupe politique), mais dont le leader Varg Vikernes n’a jamais caché ses penchants pour le national-socialisme.

5/ croix celtique

6/ un écusson de la 33e Waffen-Grenadier-Division de la SS Charlemagne

…et à tout ceci s’ajoute un ensemble d’objets associés au folklore nazi du 3eme Reich dont seul l’initié pourra en connaître l’intérêt.

1-4 le camping

Comme dans tout bon festival qui se respecte, une zone de camping est mise à disposition des festivaliers, et pour le coup l’ambiance est assurée…

Le témoignage qui suit est l’intégralité d’un commentaire posté sur « la voix de l’Ain » suite à l’article : « 1er ragnard rock fest de Simandre, 12000 festivaliers présents ».

Il se passe de commentaire:

Témoignage d’un festivalier outré : camper au milieu des néo-nazis

Le Ragnar rock fest à Simandre-sur-Suran avait si bien commencé pour moi et mes deux amis : une ambiance viking immersive, une rivière bordée de nénuphars où se rafraîchir et la découverte de nombreux groupes excellents, nous ne connaissions que Wardruna, la tête d’affiche. Nous nous fichions des problèmes d’organisation qui ont ponctué tout le festival. Impossible d’obtenir une programmation avec l’horaire de passage des groupes : peu importe, on ne les connaît pas. Un générateur qui tombe en rade à cause de la chaleur empêchant les concerts sur la scène principale : tant mieux cela fait une pause entre chaque groupe se succédant sur la scène restante. Nous prenions tout avec bonne humeur. Il y avait une fontaine à eau qui fonctionnait, c’était suffisant. Même les menaces de suspension du festival en raison de fortes bourrasques le vendredi et de grêle le samedi ne nous faisaient pas peur tant la météo était éloignée de ces annonces pessimistes, à peine avons-nous essuyé une petite averse suivant l’orage le vendredi et samedi soir bien après les derniers concerts.

La joie de se trouver à ce festival, elle s’est soudainement envolée dans la nuit du samedi à dimanche. Rentrés de bonne heure au camping, déçus par Nebura Bengen (un groupe qui chante en ancien roumain ça promettait), nous avons découvert la véritable nature de nos voisins de tente, qui jusqu’à présent nous semblaient sympathiques. Tranquillement installés, écoutant la fin du concert de Nebura Bengen, nous commençons à entendre des propos racistes sur les arabes auxquels succèdent des blagues antisémites comparant Auschwitz à un hôtel où il fait bon vivre jouissant de douches gratuites et la chanson de Dieudonné Shoahnanas . Le pompon est atteint quand l’on entend « On entend plus chanter Clément Méric. On entend plus chanter Clément Méric. ». Cette phrase entonnée en chœur nous touche d’autant plus que nous avons fait nos études à Brest et connaissons des proches de Clément Méric. L’un de mes amis fuit, ulcéré. Cela continue un moment. Je prie nos nazillons de voisins de la fermer. Un peu de répit. D’autres membres du groupes rejoignent l’odieuse compagnie. Tout y passe : « Maréchal nous voilà », « Jeanne sauve nous », « Mais où ils sont, mais où ils sont les antifas, lalalala » et surtout Clément Méric, leur cible principale. Cela dure des heures sans la moindre réaction dans le camping ; seul au loin, un discret « Alerta, alerta, antifachista ». Apothéose de l’ignominie : l’affirmation de vouloir casser du pédé et de l’antifasciste. Je bondis de ma tente pour les incendier. Nous fuyons alors cette piteuse compagnie, et nous réfugions dans notre voiture loin du fascisme.

Chemin faisant, un festivalier ayant besoin d’une lampe pour aller jusqu’au parking nous rejoint. Quand nous lui racontons ce que nous avons entendu, il se montre surpris de notre réaction. Étant donné la programmation (en particulier le groupe Nokturnal Mortum) il fallait s’attendre à tomber sur des fachos. Il nous explique l’appartenance de certains groupes à la mouvance NSBM, dont nous n’avions jamais entendu parler. Le lendemain, écœurés, nous quittons le festival malgré notre pass 3 jours. Nous savons que ces quelques néo-nazis n’étaient pas représentatifs des festivaliers du Ragnar rock fest même si l’absence totale de réaction au sein du camping est préoccupante, les slogans et chansons néo-nazies n’étaient pas discrètes.

J’accuse cependant l’organisation du festival soit d’être incompétente en ne se renseignant pas sur les groupes qu’elle engage (alors qu’un simple clic sur la page wikipedia nous annonce la couleur), soit inconsciente en invitant volontairement un groupe facho qui entraînera nécessairement la présence de festivaliers néo-nazis.

Je ne cherche aucunement à nuire à l’image du festival mais je souhaite seulement que ce qu’il s’est passé se sache et que ce genre d’accidents ne se reproduisent pas si ce festival donne lieu à de nouvelles éditions. »

2 En route vers la deuxième édition

2-1 L’annonce des groupes sur facebook

Depuis septembre 2015, le nom des groupes qui seront présents en juillet 2016 sont dévoilés semaines après semaines.

Les commentaires sur la page facebook vont bon train, mais certains sont rapidement supprimés. Soit parce qu’ils dénoncent l’appartenance politique de certains groupes, soit parce qu’ils s’en félicitent… et cela peut même devenir cocasse.

Pour exemple, les commentaires suivant l’annonce du concert de Kroda (groupe ukrainien). Cela vire presque au règlement de compte pour savoir qui est plus NS (national-socialiste), qui connait le mieux le BH (Blood & Honour : groupuscule nazi présent en France).

Photos du journal - Ragnard ROCK Festival | Facebook

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Évidement la plupart des commentaires ont depuis été purgés.

Pour accentuer le suspens de la divulgation des groupes, les organisateurs du festival ont eu l’idée de faire des « teasers » sur facebook avec des indices sur fond ou non d’un drapeau national correspondant à la nationalité du groupe. Ainsi pour le teaser du groupe français Azziard, nos amis facho-métalleux s’emballent et se trompent en espèrant la venue de deux groupes fascistes made-in-france : Peste Noire et Baise ma Hache.

PesteNoire-intro

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Ci dessous « Famine » le chanteur de Peste Noire tendant le bras avec ses copains helvêtes de la section suisse de Misanthropic Division.

pesteNoire Azov

2-2 La réaction des métalleux sur les réseaux et forums.

Voici ce que l’on a trouvé sur un forum de métal concernant le Ragnard Rock Festival.

http://www.vs-webzine.com/InfoVS-GRAVELAND+(Pagan+Black+Metal+++Pologne)+donnera+son+tout+premier+co-83922.html

C’est un peu long à lire, mais cela démontre bien que les amateurs de métal connaissent les groupes NSBM qui seront présents aux festivals.

forum-intro

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Beaucoup de commentaires font plaisirs à lire, on se rend compte de la volonté de certains à ne pas laisser la scène métal aux fascistes, que le black métal ne vire pas au brun.

Pour résumer voici ce qu’écrit un participant au forum :

« (…) Et puis cette année, affiche plutôt alléchante, jusqu’à Graveland… groupe ouvertement facho (sans être spécialisée, même Wikipedia l’indique…).

Je ne pense pas soutenir un festival qui accueille ce genre de groupe à l’idéologie d’extrême droite affirmée. Cela signifierait renoncer à mes idées, mes convictions…
Tant pis pour Grai, Tengger Cavalry, The moon and the night spirit…

La cerise sur le gâteau amer étant que le simple fait de demander des explications sur leurs choix aux orgas se traduit par un bannissement de leur FB…
Un peu fermé le monde du Ragnar Rock Fest !! « 

Les organisateurs savent donc très bien qui ils invitent et censurent toutes contestations.

3 les groupes fachos invités

3-1 Nokturnal Mortum

Rebelote, ils seront de nouveaux présents cette année. Le premier jour en invité d’honneur. A noter que sur l’ensemble des groupes qui ont participés au premier festival, seul Nokturnal Mortum a bénéficié d’une interview filmée. Ce sont un peu comme les parrains du festival, ce qui démontre que ce groupe semble sympathique aux gentils organisateurs.

Ce sont même eux qui ont réalisé le graphisme des T-Shirt « Légion of Oden – Ukraina », vraiment trop sympa.

T-Shirt

C’est à se questionner à savoir leur degré d’implication dans le reste du festival : mise en relation avec d’autres groupes comme Graveland ou Kroda, ou avec d’autres invités au village ukrainien ?

3-2 Kroda

Second groupe ukrainien. Avant Kroda, son chanteur Eisenslav a fait partie de deux autres groupes NSBM : Лють et Темнозорь sur scène (source metal-archives.com).

Kroda a été également membre du Pagan Front

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Eisenslav au temps de Лють

De plus Темнозорь est une référence en tant que groupe NSBM

Malgré leur prétendu apolitisme, les deux membres de Kroda n’hésitent pas à poser devant les drapeaux noir et rouge du parti néonazi « Secteur Droit ».

Kroda

Sur scène Kroda est toujours bien entouré Темнозорь et Graveland les deux groupes NSBM, groupes phares du Pagan-Front. Et d’autres groupes dont Sunwheel (la roue solaire autre terme pour désigner le soleil noir SS) et Молотx dont la calligraphie se fait en remplaçant les « o » par de « 8 » (« 88 » signifiant 2 fois la lettre H, soit HH = Heil Hitler).

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Kolovorot

3-3 Graveland

Il s’agit de l’un des groupes cultes de la scène NSBM. Tellement culte que ce groupe polonais a été interdit de scène en Allemagne.

Le leader Rob Darken alias Robert Fudali alias Lord Wind tient régulièrement des déclarations en faveur de la suprématie de la « race aryenne », contre la « judéo-chrétienté », contre le métissage, contre les juifs et sur la prétendue existence d’un complot juif.

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vous remarquerez le soleil noir SS que porte le batteur sur la droite

Très actif au sein du Pagan Front, il a permis de rapprocher le mouvement skinhead néonazi de la scène black metal.

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Chose étonnante, malgré leur notoriété auprès des néo-nazis, Graveland est monté sur scène pour la première fois en 23 ans le 2 avril 2016 à Milan pour le « Hot Shower » un festival 100% NSBM avec Frangar, Goatmoon, Baise ma Hache, Leichenzug, White-Death et Sacrificia Mortuorum … que du beau monde, le tout organisé par les néonazis locaux qui a attiré des fans de toute l’Europe…

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…Ci-dessous le ticket du concert et les préparatifs d’un fan français : un t-shirt de la section française de Misanthropic Division support du bataillon nazi Azov (insigne de la division SS Charlemagne encadrée par deux totenkopfs de la SS), un brassard SS pour faire stylé quand il tendra le bras durant le concert, et un peu de littérature au cas où il s’ennuierait entre deux bières.

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et si vous voulez savoir ce que cache la pièce de monaie posée sur le ticket : cliquez ici.

A noter qu’un contre festival a été organisé : le FUCK NSBM FEST!

3-4 Khors

Troisième groupe ukrainien, il se produit régulièrement sur scène avec Nokturnal Mortum, y compris lors des concerts de soutien au parti néo-nazi Secteur Droit, et ceux organisés par la marque néonazie de vêtements Sva-Stone. Les deux groupes se partagent un membre commun : le guitariste et chanteur Jurgis Kapinus.

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Partageant l’affiche avec Темнозорь, une référence NSBM

Jurgis a même composé l’hymne du Ragnard Rock, pour vous dire le degré de confiance et de connivence qui existe avec les organisateurs du festival.

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Jurgis posant avec le T-Shirt du festival. T-Shirt conçu par les graphistes de Norturnal Mortum dont il fait parti

3-5 Naer Mataron

Il s’agit du groupe de métal du député Giorgos Germenis, à la fois bassiste du groupe, coupable d’agression à tendance raciste, et numéro trois… du parti néonazi Aube Dorée.Konstantions Kallergis_Germenis 2

En 2012 il est arrété alors qu’il tente d’agresser le maire d’Athènes avec une arme à feu, et finit par frapper une fillette de 12 ans. S’en suit également son arrestation avec d’autres députés d’Aube dorée pour « participation à une organisation criminelle ».

Il fut également le bassiste du groupe de RAC StrossTrup et du groupe NSBM Der Sturmer.

der-sturmer+stross trupp

« Der Sturmer » fait référence à un journal antisémite, et W.A.R. est l’acronyme de White Aryan Race

Pour leur album Up From the ashes, la couverture reprend le tableau « Jupiter et Thétis » d’Ingres. Sur la tunique du Dieu aparait une frise constituée de svastikas, symbole grec classique mais qui avec les deux runes de la vie et de la mort sur le disque, runes que l’on retrouve dans la mythologie SS, ces symboles prennent évidement un tout autre sens d’une teinte beaucoup plus brune.

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Extrait d’un titre de Naer Mataron :

Wolf of Ions

… You have returned for the revenge of the Hellenic Blood
You are the wolf, the son of the seashell
Destroy now, the Plague from the east,
Темнозорь The Jewish race …

traduction :
tu es de retour pour te venger du sang grec

tu es le loup, le fils de la coquille.
à toi de détruire la peste de l’orient
la race juive

De plus les disques de Naer Mataron sont vendus dans les locaux d’Aube dorée. Aube dorée produit également plusieurs groupes néo-nazis dont sont membres ses militants. Les pages facebook de NSBM grec font régulièrement de la publicité pour ce groupe.

Et certains voudrait nous faire croire que Naer Mataron est apolitique ?

3-6 D’autres ?

Il y a certainement d’autres groupes ayant des tendances fascistes dans ceux qui sont invités au Ragnard Rock, mais sans preuves évidentes, nous nous arrêterons là.

4 Le village des artisans et des maisons de disque :

La boutique pour nostalgiques de l’Occupation sur fond de pseudo-légendes scandinaves, Terre-Celtique est évidement de retour cette année.

En parallèle, il y aura les stands des groupes qui se produisent : T-shirt et vêtements, disques, patchs…

Y aura-t’il, les vieilles cassettes et vinyls où apparaissent croix gammées et autres symboles nazis ? Quelle type de propagande brune est autorisée ou interdite sur place ?

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type de produits trouvés sur le site internet de Blood Empire qui sera présent lors du festival. avec écusson de division SS

Y aura t’il encore cette année au camping, la joyeuse chorale de chants nazis.

En tout cas le coffret de 2 albums réunissant Graveland et Nokturnal Mortum sera en vente et également des hoodies avec le nom des deux groupes. Le rapprochement des deux groupes tend à démontrer la banalisation de l’extrème droite dans la scène Metal en Europe de l’Est.

coffret

Cela prouve que Nokturnal Mortum assume son positionnement à l’extrème droite et qu’il n’a jamais renié ses « erreurs de jeunesses » .

esprit crevera un jour

« l’esprit ne meurt jamais », mais de quel esprit parle t’on ? De l’esprit metal, musical ? Ou de l’esprit Folkish-néonazi que partage ces deux groupes ?

À noter que les auteurs de l’affiche sont également les créateurs de plusieurs pochettes d’album de Graveland ainsi que d’affiches concernant des concerts de groupes ultra-nationalistes et néo-nazis comme pour l’affiche suivante pour un festival à Varsovie en 2014 où se sont produits des groupes de RAC (rock nazi) comme le groupe français Lemovice.

aff RAC varsovie

Quelle conclusion ?

Graveland est toujours un groupe lié à la mouvance néo-nazie.

Nokturnal Mortum n’a jamais renié ses idéologies politiques, il le prouve en soutenant le parti néonazi Secteur Droit.

Idem pour Khors et Kroda.

Nokturnal Mortum et Khors collaborent avec les organisateurs du festival (vêtements sérigraphiés, hymne du festival, et peut être plus…)

Des objets en rapport avec l’idéologie nazie sont disponibles à la vente grace au stand de Terre-Celtique.

Les organisateurs censurent les commentaires sur facebook.

Les organisateurs mentent à la presse et à tout le monde quand ils affirment que Nokturnal Mortum n’est pas un groupe ayant une « aura » politique proche de partis et de milice néo-nazis.

Les organisateurs mentent à la presse et à tout le monde quand ils affirment que le festival n’a pas de caractère politique… la banalisation des idées d’extrême droite en mélangeant groupes apolitiques et groupes ouvertement politisés à l’extrême droite est un acte politique.

Les organisateurs mentent à la presse et à tout le monde quand ils affirment que les festivaliers ne viendront que pour la musique et non pour la politique. Ils admettent eux-mêmes au journal Le Progrès que 20% des réservations viennent de l’étranger. Il y a donc un interêt à venir à ce petit festival, et cet intêret est de voir des groupes interdits ou « pestiférés » de ce côté du continent.

De plus, comme il y a de groupes fascistes tous les soirs, le public facho sera là en permanence…              bonjour l’ambiance de merde!!

Pour aprofondir le caractère métapolitique de ce festival fasciste qui ne veut pas dire son nom, nous vous conseillons de lire l’article de carli Parisi sur le site Prochoix concernant les participants au Ragnard Rock et la mouvance Folkish : Festival « viking » ou pro-nazi ? de Carla Parisi

Article qui se conclue ainsi :

« Le Pagan Front a publié une série d’anthologies-manifeste qui, avec ses trois volumes (1999, 2003, 2007) définit ouvertement les bases du mouvement :

  • Le premier de ces disques a en partie officialisé le terme de « National Socialist Black Metal »

  • Le deuxième a précisé les intentions et les origines à travers l’article reproduit à l’intérieur (intitulé : the Pagan Front – Return of the Iron Reich of Black Metal)

  • Le troisième est accompagné d’une liste de « commandements » : « Fiers Nationaux-Socialistes, Contre toute influence judéo-chrétienne, Tolérance zéro pour les ennemis de notre race, Unissons-nous sous le vaisseau du svastika, et ainsi de suite, pour poser les fondements idéologico-politiques qui sont à la base de l’organisation et que les groupes affiliés supportent ».

La stratégie du mouvement païen Odaliste via le Pagan Front pour s’élargir est métapolitique. Il s’agit d’investir les domaines idéologiques et culturels (notamment la musique), en partant du « peuple », avant de pouvoir à terme influencer naturellement les sphères du pouvoir à présenter une élite blanche ultra-nationaliste. L’objectif n’est pas à priori politique, mais cherche à influencer le peuple pour un retour des valeurs polythéistes pré-chrétiennes.

Dans cette perspective, où les idées influencent les valeurs sur lesquelles se réfèrent la société, la diffusion de musique Folkish par Internet, la diffusion de supports enregistrés vynils, cassettes, dvd, compact disc, la création de jeu de rôle (Vikernes), le blogging (Vikernes), tout comme la tenue d’un Festival dans l’Ain, peut être un moyen d’approche et de diffusion d’idéaux néo-nazis auxquels beaucoup de ces groupes se réfèrent directement. Ce festival Folkish, surnommé naïvement « Festival Viking », représente un danger pour un public qui n’est pas informé, participe à propager des idéaux néo-nazis au grand public, et se traduit comme une démonstration de force des idéologues Odalistes.

Carla Parisi »

Nous vous conseillons egalement fortement de fouiller et de farfouiller sur le blog suivant :

Pour en finir avec la complaisance au sujet de la mouvance folkish : https://fuckfolkish.noblogs.org/

Alors que faire ? Comment riposter ?

L’association SOS Racisme a demandé au préfet de l’Ain d’interdire que des groupes « faisant l’apologie de crimes contre l’humanité et incitant à la haine raciale » se produisent au Ragnard Rock

Mais il y a d’autres moyens d’action que de demander à l’Etat d’intervenir.

  • faire tourner cet article démontrant que ce sont de vrais groupes fachos et qu’ils n’ont jamais fait leur mea-culpa.

  • Convaincre vos potes metalleux de boycotter ce festival, et de lui pourir sa réputation apolitique.

  • Intervenir sur les facebook des autres groupes invités au festival pour connaître leurs opinions de savoir qu’ils vont partager la scêne avec des facho, et vont de fait contribuer à la banalisation du racisme etc

  • faire pression auprès des habitants de Simandre-sur-Suran et de la mairie

  • et on vous laisse le plaisir de trouver tous les moyens possibles pour faire foirer ce festival de brown Metal.

La scène black Metal doit rester provocatrice et provocante, dérangeante, excentrique et repoussante pour les « coincés du derche » en costume cravate. Elle n’a que faire de dogmatismes politiques qui souhaitent encadrer le monde selon leur vision étroite et égoïste. Si le Black Metal existe, c’est bien pour faire chier aussi ce genre d’abrutis.

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https://fafwatch2.noblogs.org/post/category/par-region/rhone-alpes/

http://www.leprogres.fr/ain/2016/02/17/le-festival-viking-confronte-aux-demons-du-nazisme

http://www.prochoix.org/wordpress/?p=858

https://fafwatchfc.noblogs.org/post/2016/07/08/simandre-sur-suran-les-neo-nazis-font-main-basses-sur-le-black-metal/

http://metalchroniques.fr/wp3/2016/avis-de-canicule-sur-le-ragnard-rock-festival-cette-annee-il-facho/

Demandes d’interdiction mais autorisation préfectorale
http://www.rue89lyon.fr/2016/07/20/lain-festival-de-black-metal-aux-groupes-neonazis/

https://www.facebook.com/agirpourlegalite/photos/a.1532052110409309.1073741828.1532052023742651/1758178837796634/?type=3&theater

http://centrepourlegalite.org/inquietudes-face-a-la-presence-de-groupes-au-discours-haineux-raciste-et-antisemite/

http://www.leprogres.fr/ain/2016/07/07/festival-viking-sos-racisme-demande-d-interdire-certains-groupes-musicaux

http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Culture/Vie-et-Politique-Culturelle/Des-groupes-neonazis-dans-un-festival-de-l-Ain

http://www.leprogres.fr/societe/2016/07/09/festival-viking-sos-racisme-monte-au-creneau

http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Culture/Vie-et-Politique-Culturelle/Le-prefet-de-l-Ain-maintient-le-festival-controverse-Ragnard-Rock

France 3 Rhône-Alpes : Pour Loïc RIGAUD, responsable d’Agir Pour l’égalité “Les organisateurs du Ragnard Rock Festival ne peuvent ignorer les engagements néo-nazis de ces groupes très réputés dans le monde du black métal, et leur sur représentation dans ce festival ne peut pas être du au hasard”.

https://antipestenoire.noblogs.org/files/2017/07/odal-stage.jpg
ODAL géant affiché : la rune « othalan » de la mythologie germanique, elle signifie « propriété, domaine », et désigne l’idée que les traditions ancestrales d’une communauté sont supérieures aux cultures extérieures, en se basant sur les croyances de la mythologie germanique, et par extension, scandinave, grecque, slave ou romaine. L’Odalisme a pour objectif de faire renaître les cultures européennes polythéistes, qui seraient toutes issues d’une même religion datant de la Préhistoire, et qui aurait évolué avec les peuples (vikings, aryens slaves, ariens germaniques, aryens latins, celtes…) et les déplacements.

https://www.hornsup.fr/uploads/images/large/rrf16-3.jpeg

https://i.f1g.fr/media/figaro/1200x630_crop/2016/07/25/XVM4771f608-5286-11e6-938f-af2f8e8c08a0.jpg
Saluts nazis au Ragnard Rock

http://www.lefigaro.fr/musique/2016/07/25/03006-20160725ARTFIG00241-ragnard-rock-festival-des-saluts-nazis-au-concert-de-graveland.php

http://www.radioscoop.com/infos.php?id=119998

http://www.leprogres.fr/ain/2016/07/25/saluts-nazis-au-ragnard-rock-fest-des-actes-isoles-transmis-au-procureur

http://www.voixdelain.fr/blog/2017/07/07/ragnard-rock-festival/

http://centrepourlegalite.org/ragnard-rock-festival-lexhibition-de-neonazis-etait-previsible-et-doit-etre-poursuivie-devant-la-justice/

http://centrepourlegalite.org/ain-lyon-capitale-publie-un-article-sur-les-saluts-nazis-durant-le-ragnard-rock-festival/

http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Culture/Vie-et-Politique-Culturelle/Ain-saluts-nazis-observes-au-Ragnard-Rock-Festival

article controverse matérialisé sur rue89 : 2 colonnes
– le journaliste passionné de métal propose une vision apaisée, occultant complaisamment le CV du leader de Naer Mataron,
– mais rue 89 y oppose le témoignage contradictoire d’un festivalier accusant les “organisateurs ” de “double-discours de haut-vol”

« Je reviens tout juste de ce festival et j’en suis très déçu ! Je n’ai jamais vu autant de festivaliers fafs de toute ma vie. Pour commencer, c’est un festival presque complètement infiltré par l’extrême droite, j’ai arrêté de compter les t-shirts et les tatouages nazis rapidement.

Après cela je ne décrirai pas non plus la super ambiance du camping ; c’est à dire une ambiance plus que nauséabonde. Nous étions à côté d’un groupe de petits nazillons qui hurlaient des sieg heil, des Jeanne au secours, et il est où Clément (Méric) toute la nuit. Ensuite les cas de mains levées durant les Graveland sont bien réels, j’en ai compté plus d’une trentaine. Ce n’était pas un cas isolé, c’était plusieurs rangées de festivaliers (organisés et synchronisés). Après cela, un vendeur du site viking, Terre Celte de Grenoble, a dû recouvrir une partie de ses articles ouvertement nazis et extrême droite (croix celtiques etc.) avec une bâche militaire (motif allemand). Et pour finir j’ai vu un groupe de ces aimables gens menacer un homme originaire d’Amériques du sud (typé). Bref, les organisateurs ont joué un double discours de haut-vol. Festival dorénavant à éviter, sauf si on assume un certain courant, point ! »

Rue89Lyon

http://www.rue89lyon.fr/2016/07/25/je-suis-alle-au-ragnard-rock-festival/

“Parait qu’un « antifa » se serait fait tabasser au camping”

http://www.leprogres.fr/ain/2016/07/23/ragnard-rock-fest-de-simandre-sur-suran

https://antipestenoire.noblogs.org/files/2017/07/article-7-juillet.jpg