[Savoie] Edelweiss, ces néonazis qui font dans le “social”

https://www.lepoint.fr/societe/edelweiss-ces-neonazis-qui-font-dans-le-social-16-06-2017-2135864_23.php
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Une photo de militants d’Edelweiss, disponible sur la page Facebook d’un membre de l’organisation.

Edelweiss-Pays de Savoie, groupement identitaire basé à Chambéry, utilise la cause sociale pour recruter de nouveaux membres. Enquête.

Ce n’est un mystère pour personne. En France et en Europe, les groupuscules d’extrême droite prolifèrent. Si on connaît leur existence, on en sait peu sur leur mode de fonctionnement. Comment recrutent-ils leurs membres ? Quelles sont les actions menées ? Quel processus de filtrage à l’entrée ? Quels liens entre les différentes organisations ? Le Point.fr a enquêté sur un groupuscule identitaire local : Edelweiss-Pays de Savoie.

Le mouvement naît de l’interdiction du mouvement d’Alexandre Gabriac en 2013, après la mort de Clément Méric. Après un bref passage par le Front national en 2011, Gabriac avait fondé Les Jeunesses nationalistes, avec le soutien du mouvement radical l’Œuvre française, lui aussi dissous au même moment. Partout en France, des militants se mobilisent pour prendre le relais. En Savoie, une poignée de nostalgiques des Jeunesses nationalistes fonde une nouvelle organisation, Edelweiss-Pays de Savoie, suivie deux ans plus tard par la création d’une section en Alsace. Son slogan ? « Social, national, radical ».

Ses fondateurs l’appellent « association », mais, d’après la préfecture de Savoie, aucune association loi 1901 n’est enregistrée sous ce nom. Les statuts d’Edelweiss-Pays de Savoie ne sont pas déposés. Mais ses objectifs, eux, sont bien expliqués sur la page Facebook, seul moyen d’accès à Edelweiss. « Notre combat n’est pas religieux, mais racial », écrivent les fondateurs sur la page. Leur but : défendre leur « culture » et leurs « valeurs qui ont fait la grandeur » de leur « civilisation ». Comprendre que cette civilisation est menacée de « destruction » par « un ennemi » : « l’islamisation et le métissage ». Le groupuscule prône la suprématie de la race blanche européenne et fait l’apologie de l’idéologie néonazie.

La fleur préférée d’Adolf Hitler

Mais Edelweiss préfère communiquer d’abord sur son aspect social. À la manière du Mouvement d’action sociale (MAS), dissous en juin 2016, les militants ont choisi de miser sur la détresse de certaines catégories de la population pour mieux diffuser leurs idées identitaires. Edelweiss propose son aide à des personnes en difficulté (d’origine française) pour réaliser à leur place différents travaux (isoler leurs maisons, rebâtir des charpentes, restaurer leurs logements). Des campagnes de tractage sont organisées sur Chambéry et ses alentours pour proposer une « entraide locale » : « En échange d’une adhésion symbolique à notre association, nous mettons à votre disposition une force de travail bénévole, sérieuse et engagée. » De l’aide, oui, mais, en échange, il faut adhérer et partager les idées de l’« association ». Une façade de Robin des bois des temps modernes, qui cache une réalité bien moins reluisante.

La première fois qu’Edelweiss a fait parler d’elle, c’était en septembre 2014. L’université de Chambéry a été prise pour cible, et ses murs ont été tagués de croix celtiques, de slogans « Social, national, radical », « Anti-antifa », « Chiens du système » et d’edelweiss. En effet, le symbole du groupe n’a pas été choisi par hasard. De nombreux écrits propagandistes datant de la Seconde Guerre mondiale soutiennent que l’edelweiss était la fleur préférée d’Adolf Hitler. En 1935, une unité de la Wehrmacht utilise d’ailleurs la fleur pour décorer ses uniformes…

Laurent Ripart, coordinateur du site de l’université à l’époque, se souvient. « C’est principalement les locaux de l’Unef qui avaient été visés, car il y avait déjà eu des incidents avec des groupes radicalisés par le passé. Je me rappelle que ces personnes étaient toutes très jeunes », nous raconte-t-il par téléphone. À Edelweiss, la plupart des membres ont entre 20 et 30 ans.

Qui sont les fondateurs d’Edelweiss ? De l’extérieur, il est difficile de savoir qui se cache derrière l’organisation. La page Facebook est très opaque, les membres communiquent avec des pseudos, les visages sont floutés. En fait, Edelweiss compte trois fondateurs. Parmi eux, Ladislas S. et Mathias J. Question propagande, les profils des membres les plus actifs du groupe, quant à eux, sont inquiétants. Négationnisme, hommage à Adolf Hitler et au IIIe Reich, plaisanteries racistes, xénophobes, islamophobes et antisémites…, on trouve de tout, mais surtout des personnes ultra-radicalisées. Quelques exemples :

 

Glorification du IIIe Reich par l'un des membres d'Edelweiss.
Glorification du IIIe Reich par l’un des membres d’Edelweiss.

 

 

Des plaisanteries racistes, antisémites et xénophobes  récurrentes sur les murs des membres d'Edelweiss.
Des plaisanteries racistes, antisémites et xénophobes  récurrentes sur les murs des membres d’Edelweiss.

 

 

D'autres plaisanteries négationnistes, chose courante pour les membres de l'organisation.
D’autres plaisanteries négationnistes, chose courante pour les membres de l’organisation.

 

 

Des plaisanteries racistes, antisémites et xénophobes  récurrentes sur les murs des membres d'Edelweiss.
Des plaisanteries racistes, antisémites et xénophobes  récurrentes sur les murs des membres d’Edelweiss.

 

 

Des commentaires antisémites, disséminés sur les profils Facebook des membres d'Edelweiss.
Des commentaires antisémites, disséminés sur les profils Facebook des membres d’Edelweiss.

 

 

De nombreuses références au IIIe Reich, présentes sur beaucoup de profils.
De nombreuses références au IIIe Reich, présentes sur beaucoup de profils.

 

Le groupuscule appartient à la nébuleuse identitaire et entretient des liens avec d’autres mouvements locaux et nationaux, le GUD, Autour du lac (encore un groupe d’ultras savoyards, basé à Annecy), Génération identitaire… Sur les réseaux sociaux, les militants se suivent et se « likent ». Ils participent surtout à des actions communes, comme des manifestations, réunions, événements sportifs. Récemment, c’est à Lyon que le groupe épaulé par le GUD a investi un immeuble propriété de la ville de Lyon. Rebaptisé « Bastion social », le lieu devait accueillir des sans-abri « français uniquement, ou des Européens de langue et de culture françaises », expliquait alors Steven Bissuel, responsable du GUD Lyon. L’immeuble a finalement été évacué par la police mardi 13 juin.

Edelweiss met aussi en avant la nécessité de pratiquer une activité physique régulière, d’entretenir son corps, dans un esprit de tradition et de camaraderies, rappelant la thématique du culte du corps présente dans l’idéologie nazie. Régulièrement, des activités sportives sont organisées : randonnées, entraînements de boxe, compétitions de MMA (illégales en France). Utile en cas de rencontre avec les « antifas », et indispensable pour « combattre et se défendre ». En effet, le combat idéologique d’Edelweiss a vocation à devenir un combat au sens propre.

Propagande et recrutement

Le mouvement insiste aussi sur la nécessité de « se cultiver ». Pour cette raison sont mis à disposition dans la bibliothèque de l’organisation et dans « toutes les bonnes librairies » (comprendre les librairies plébiscitées par l’extrême droite) des ouvrages d’auteurs controversés comme l’ancien journaliste Jean Mabire, qui a beaucoup écrit sur les SS, « ces hoplites du Führer » qui ont vécu « une prodigieuse épopée guerrière », ou encore Dominique Venner. Voici comment ce dernier apparaît sur le site Fdesouche :

 

 

Tout à leur effort d’éducation, les fondateurs encouragent leurs membres à ne s’informer que par des médias alternatifs (Méridien zéro, TV liberté) et à participer à l’effort militant en « investissant 100 euros par an pour (leurs) convictions ». Effort militant qui inclut aussi des actions de terrain, comme des manifestations anti-migrants, des campagnes de tractage et de collage pour recruter des adeptes. Des conférences sont régulièrement organisées, souvent en partenariat avec Autour du lac. Quelques exemples de thèmes ? « Réinformation contre les médias subventionnés : une bataille à gagner », ou « L’expérience communautaire ». Edelweiss-Alsace publie de la propagande nationaliste relayant de fausses informations, notamment concernant les migrants, ou des propos islamophobes.

 

Action anti-migrants organisée par Edelweiss - Pays de Savoie.
Action anti-migrants organisée par Edelweiss – Pays de Savoie.

 

 

Promotion de l'idéologie de "l'invasion" par Edelweiss Alsace.
Promotion de l’idéologie de “l’invasion” par Edelweiss Alsace.

 

Sur la page Facebook, des anonymes, mais pas que. Des clients fidèles de l’extrême droite apparaissent, comme Vincent Vauclin, créateur de la Dissidence française, un groupuscule fasciste, ou Alexandre Gabriac (qui suit le compte Twitter d’Edelweiss-Alsace). Mais aussi des personnalités politiques plus officielles, membres du Front national. Ainsi David Berton, originaire de la région, ancien adjoint à la direction nationale du FNJ. Il a dirigé la campagne de Sophie Robert (FN), battue lors des législatives dans la Loire, et est responsable communication de Marie Dauchy, candidate FN, elle aussi éliminée, en Savoie. Berton « like » la plupart des posts de la page identitaire. Julien Copineau, secrétaire adjoint à la 4e circonscription FN de l’Essonne, aime également la page. Autant de coups de canif au régime dédiabolisant que s’est prescrit le parti.

Lire aussi Législatives – Front national : des candidats pas si présentables…

 

Alexandre Gabriac suit la page Facebook d'Edelweiss Alsace.
Alexandre Gabriac suit la page Facebook d’Edelweiss Alsace.

 

 

David Berton, directeur de campagne de Sophie Robert (FN) et responsable communication de Marie Dauchy (FN), est un habitué de la page Facebook.
David Berton, directeur de campagne de Sophie Robert (FN) et responsable communication de Marie Dauchy (FN), est un habitué de la page Facebook. 

 

 

David Berton, directeur de campagne de Sophie Robert (FN) et responsable communication de Marie Dauchy (FN), est un habitué de la page Facebook.
David Berton, directeur de campagne de Sophie Robert (FN) et responsable communication de Marie Dauchy (FN), est un habitué de la page Facebook. 

 

 

Julien Copineau, membre du FN, aime la page Facebook identitaire Edelweiss.
Julien Copineau, membre du FN, aime la page Facebook identitaire Edelweiss. 

 

N’est pas membre qui veut. Les fondateurs se montrent très méfiants sur le processus de recrutement. Mathias J. se charge de la communication et rencontre les personnes souhaitant adhérer à ce « club » très fermé. Pour adhérer à l’organisation ou participer à un de ses événements, il faut d’abord prendre contact sur la page Facebook. Ce que nous avons fait, « Une journée militante », sans plus de précision, étant justement prévue samedi 10 juin. Le lieu est tenu secret jusqu’au dernier moment, et l’entrée conditionnée par un entretien préalable avec les fondateurs d’Edelweiss. La prise de contact donne lieu à une discussion en privé, très cordiale. « Je préfère vous rencontrer avant, si cela ne vous ennuie pas, étant donné que vous viendrez par rapport à notre prise de contact », écrit Mathias J.. Une rencontre est ensuite arrangée. Sur Chambéry, Aix-les-Bains ou ses alentours, dans un endroit public. Un numéro de téléphone est demandé au postulant.

Des événements néonazis organisés impunément

 

 

Capture d'écran de la page Facebook de PPDM, où des hommes posent, une croix gammée tatouée dans le dos.
Capture d’écran de la page Facebook de PPDM, où des hommes posent, une croix gammée tatouée dans le dos. 

 

D’après les informations du Point.fr, l’événement, baptisé « Pride France » s’est bien tenu à Sainte-Hélène-sur-Isère (petite commune proche d’Albertville), organisé principalement par Pride France, une marque de vêtements « fabriqués par et pour les Blancs », créée par Tomasz Szkatulski, un identitaire originaire de Lille condamné à plusieurs reprises pour des faits de violence. Au programme de cette « journée militante » : des combats de MMA (illégaux), une conférence portant sur « le nationalisme, le militantisme russe et sa répression » donnée par White Rex et PPDM. Encore deux bons clients de l’extrême droite radicale, russes tous les deux. White Rex est un groupe de MMA nationaliste, qui vend, lui aussi, des vêtements célébrant la violence et la virilité dans le sport. Et PPDM est une organisation qui promeut le bodybuilding et l’haltérophilie, et dont la proximité avec la scène néonazie est connue.

La journée de réjouissances s’est terminée par un concert de deux groupes espagnols et un groupe italien sur le thème « Rock against communism ».

« La salle polyvalente a été louée sous prétexte d’un anniversaire en famille, nous explique Daniel Tavel, maire de Saint-Hélène-sur-Isère. Tout s’est bien déroulé, il n’y a eu aucun problème administratif. » Ce n’est que le jour de l’événement, aux alentours de 13 heures, que le maire est alerté par la gendarmerie et le sous-préfet : l’événement serait en fait une réunion néonazie, impliquant des combats illégaux. Daniel Tavel se rend sur place, constate qu’un ring a été mis en place. « Les règles avaient été brisées, j’ai pris un arrêté d’expulsion immédiate, que j’ai remis à l’organisateur. Il s’est engagé à ce qu’il n’y ait aucun dégât et à ce que la salle soit rendue dans les temps. C’est ce qui s’est passé. Le lendemain matin, quand je suis passé à 7 heures, ils étaient partis et la salle était propre. »

Le mode opératoire est toujours le même. Une salle des fêtes est louée sous un quelconque prétexte par un membre d’un groupuscule et sert de lieu de réunion pour ces rassemblements néonazis. Le 28 janvier dernier, il s’est produit la même chose à Saint-Genix-sur-Guiers et, là encore, le maire est tombé des nues, expliquant s’être « fait piéger ». Ces rassemblements sont réguliers et peuvent, la plupart du temps, se dérouler en toute impunité.

 

Affiche de l'événement Pride France, organisé le samedi 10 juin dernier en Haute-Savoie.
Affiche de l’événement Pride France, organisé le samedi 10 juin dernier en Haute-Savoie.

 

 

Capture d'écran de la page Facebook de White Rex, qui fait la promotion d'un tee-shirt faisant référence au nazisme.
Capture d’écran de la page Facebook de White Rex, qui fait la promotion d’un tee-shirt faisant référence au nazisme.


2018 : Tomasz figure dans le jeu de carte des “sept familles de l’extreme-droite”

Le fils cadet : surnommé « Gamin », Szkatulski est un skin néonazi qui a fréquenté la LOSC Army (hools faf lillois) et édité des fanzines d’extrême droite. Après un passage en prison pour avoir agressé un SDF en 2008, il lance début 2010 la marque de vêtements Pride France et s’associe avec les  Russes de White Rex dans l’organisation de concerts RAC et de tournois de MMA clandestins.

RAC n’ MMA Pride France – 10 juin 2017

https://renverse.co/infos-locales/Geneve-Pas-de-neo-nazis-a-Geneve-ni-ailleurs-1126

Pas de néo-nazis à Genève ni ailleurs !

« Pride France » est un label et une marque de MMA (mixed martial arts) de néo-nazis français. Ils ont prévu d’organiser un événement et des concerts le 10 juin 2017 dans la région genevoise.

1er juin 2017

Ce « rendez-vous » risque d’attirer tous les néo-nazis de la région voire même certains d’autres pays. Les invités de cet événement sont des néo-nazis russes et des groupes de musique néo-fascistes italiens et espagnols.

https://renverse.co/IMG/jpg/nazis_russes-resp677.jpg?1496260274

Pride France ?

Le principal organisateur de cet événement et membre fondateur de Pride France s’appelle Tomasz Szkatulski alias « gamin ». Skinhead néo-nazi français originaire de Lille, connu pour de multiples aggressions,notament pour avoir tabassé avec ses propres béquilles un SDF handicapé d’origine nord-africaine en 2008. Lui-même et d’autres néo-nazis lillois (membres de Troisième Voie, organisation interdite par le gouvernement français de l’époque suite à la mort de Clément Méric) sont également connus pour avoir attaqué un bar associatif et un bar gay à Lille. Un des aggresseurs du bar gay est actuellement mis en examen pour le meutre d’Hervé Rybarczyk, guitariste du groupe de rock lillois Ashtones, mort noyé dans la Deûle en 2011.

Reconnaisable à ses tatouages, « Whiter Power » (pouvoir aux blancs) sur le cou, un garçon des jeunesses hitlériennes avec la rhune « Sieg » (insigne des SS) sur l’épaule droite et « Losc Army » (firm d’hooligans lillois d’extrême-droite) sur les doigts, Tomasz Szkatulski ne cache pas ses convictions.

Tomasz Szkatulski était proche de Blood & Honour Hexagone, section française de l’organisation néo-nazie internationale du même nom, qui est d’ailleurs est interdite en Allemagne ainsi qu’ en Angleterre pour des actes de terrorisme.

« Fabriqué par des blancs, pour des blancs »

Pride France organise et participe à des tournois de MMA néo-nazis en France et en europe de l’est. Ils vendent également du matériel sportif avec des insignes nazies. Le matériel est certifié « fabriqué par des blancs, pour des blancs » et se vend lors d’événements et/ou sur internet. Lors de sa période lilloise, Tomasz Szkatulski, vendait son matériel au magasin d’extrême droite « Tribann ». Avant d’être une marque, Pride France était essentiellement une boutique en ligne vendant divers produits faisant l’apologie du 3e reich, de la supposée « supériorité » blanche et de la haine raciste.

La Suisse le « petit paradis des néo-nazis » ?

Initialement annoncé dans la région genevoise, les néo-nazis ont changé le lieu de l’événement pour la Haute-Savoie il y a quelques jours. Ce changement de programme n’est peut être qu’une ruse, la Suisse étant une terre d’acceuil pour l’extrême-droite européenne comme l’ont démontré les événements de Unterwasser (SG) le 15 octobre 2016. Initalement prévu au sud de l’Allemagne ce concert géant avait réuni 5’000 néo-nazis venus de toute l’europe sans que la police ou les autorités ne réagissent.

A nous de réagir !

Nous appellons donc à être vigilantEs et mobiliséEs pour le 10 juin et cela des deux côtés de la frontière.

Nous appelons particulièrement les administrateurs/trices de salles de conférences, de sport, communales ou de mairies à être attentif/ves à d’éventuelles réservations pour cette date. Les néo-fascistes ont pour habitude de louer des salles sous de faux prétextes.

Réseau d’Agitation – Réseau Antifasciste Genève

In Memoriam, rac identitaire français programmé à Bordeaux

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[…] Janvier 2017 : Pour clôturer la marche de l’association Paris-Fierté, In Memo joue à guichet fermé sur une péniche à Paris, sous le Pont des Arts6.

Juin 2017 : In Memoriam joue en centre ville de Bordeaux au Havana Café7
En 2017, un serveur est licencié pour avoir fait venir le groupe dans l’établissement où il travaillait12.

Octobre 2017 : L’association Autour du Lac organise un événement exceptionnel en bordure de Lyon : un concert regroupant des groupes français et italiens. In Memoriam clôturera la soirée après FTP, Drittarcore, DDT et Zetazeroalfa.

Janvier 2018 : In Memoriam est invité à jouer la veille de la cérémonie d’Acca Larenzia aux côtés des groupes Hate For Breakfast, Fantasmi Del Passato, Bronson et Zetazeroalfa8.

La venue du groupe [de musiciens, orchestre] est parfois contestée par des groupes [collectifs] antifascistes et des élus locaux11.

https://fr.wikipedia.org/wiki/In_memoriam_(groupe)

 

Alerte antifa en Haute-Savoie : tournoi de MMA et concert néonazis le 10 juin

https://lahorde.samizdat.net/alerte-antifa-en-haute-savoie-tournoi-de-mma-et-concert-neonazis-le-10-juin

Pour la troisième fois, des néonazis vont organiser, en France le week-end prochain un tournoi clandestin de combat libre et un concert de Rock Against Communism (RAC), probablement en Haute-Savoie, en collaboration avec deux structures  russes d’extrême droite. Ce sont des dizaines de crânes rasés admirateurs d’Hitler qui vont ainsi se retrouver, ivres de sang et de violence, pour faire la fête dans un petit village qui n’aura rien demandé… 

PF2017

Si la pratique du Free fight (combat libre) ou du Mixed Martial Arts (MMA) est autorisé en France, les compétitions restent interdites en raison d’une législation qui proscrit les coups portés au sol dans les sports de combat. Tout tournoi de MMA organisé en France est donc par définition clandestin : cette interdiction permet aux néonazis, alors que la majorité des pratiquants et amateurs de MMA n’ont rien à voir avec l’extrême droite, d’utiliser leur savoir-faire en matière d’événements clandestins pour tenter de faire passer un rassemblement de combattants européens néonazis pour une compétition internationale de la discipline sur le territoire français…

On prend (presque) les mêmes et on recommence

C’est en réalité la troisième fois que risque de se produire ce type d’événement. Le 7 juin 2014, à Pollionnay, une petite ville à proximité de Lyon, comme nous l’avions raconté ici, Loïc Delboy, principal animateur du groupe néonazi Blood & Honour Hexagone (B&H), organise la première édition de cette compétition de MMA rassemblant environ 150 personnes. En juin 2015, sous le nom “Day of Glory”, il remet ça cette fois à Talencieux, près d’Annonay, dans le nord de l’Ardèche (alors que l’événement était annoncé publiquement à Lyon), en s’associant à Tomasz “Gamin” Szkatulski, un naziskin de la région lilloise qui s’occupe d’une marque de vêtement en ligne, Pride France, dont le slogan est ” fabriqués par et pour les Blancs “.

MMA BH
Les deux éditions des compétitions de MMA organisées par BH Hexagone. À droite, le groupe Légitime Violence, qui y a joué en juin 2015.

Il est lui-même combattant de MMA, et a participé à plusieurs compétitions à l’étranger organisées par différentes organisations d’extrême droite. C’est aussi un individu dangereux, impliqué dans différentes agressions racistes et homophobes, et proche de Yoann Mutte, impliqué dans l’affaire dite “des disparus de la Deûle“.

Tomasz Szkatulski
Tomasz “Gamin” Szkatulski, reconnaissable à son tatouage “White Power” dans le cou, à gauche avec son ami Yoann Mutte, et à droite tenant la table de Pride France.

En mars 2016, la police fait une descente chez les militants de B&H et tombe sur un véritable arsenal (des dizaines d’armes à feu et armes blanches) et des babioles nazies, et les mises en examen tombent pour « association de malfaiteurs, acquisition, détention et cession d’armes en bande organisée et participation à un groupe de combat ». Bien que, alors qu’on est en pleine état d’urgence, tous ressortent libres (sous contrôle judiciaire), le parquet jugeant qu’il n’y avait pas de risque de trouble à l’ordre public (!), il va de soi que l’organisation d’un événement aussi lourd à gérer qu’un tournoi sportif n’est pas à l’ordre du jour cette année-là.

BH Hexagone Gamin de Lilles Pride France
Tomasz “Gamin” en tant que combattant de MMA et avec l’équipe de B&H.

En revanche, tout va bien pour “Gamin”, qui a entre temps déménagé en Haute-Savoie, et qui reprend seul l’organisation du tournoi pour son édition 2017, qui est annoncé “dans la région de Genève”. Enfin, seul, pas tout à fait, puisque l’événement est co-organisé avec “HardCore Wave” qui diffuse sur internet de la musique et des t-shirts.

HCWave
Le 20 avril 2017, HardCore Wave poste un mystérieux « 128 » : or Adolf Hitler, né le 20 avril 1889, aurait eu 128 ans cette année. La main signifie sans doute « Sieg Heil »…

HardCore Wave a déjà organisé deux concerts en Rhône-Alpes : le premier le 19 novembre 2016 avec les groupes français DC (ex-Décadence culturelle) et Bordel Boys (groupe breton prétendument apolitique) et les italiens SPQR et Mai Morti, puis le second le 13 mai, vers Bourgoin-Jallieu, avec cette fois une affiche 100% italienne : Hate for Breakfast, Bayonet Assault mais surtout Bronson, groupe directement lié à Casapound. HardCore Wave a également soutenu le “Call of Terror”, un festival de National-Socialist Black Metal (NSBM) qui s’est tenu à Saint-Genix-sur-Guiers (Savoie) le 28 janvier dernier, avec entre autres Peste Noire, dont nous avons déjà parlé ici.

Concerts

Les Russes à la rescousse

Surtout, il peut toujours compter sur son partenaire russe, White Rex, déjà impliqué dans l’édition 2015. Fondé le 14 août 2008, soit le 14.08.08 [1] par le russe Denis Nikitin, White Rex a organisé son premier tournoi de MMA professionnel à Moscou en 2013 sous le nom ” Birth of a Nation “, et vend en ligne des vêtements pour la pratique du free fight, mais aussi des t-shirts mettant en avant le folklore russe (guerriers slaves, ours), les “grands ancêtres” européens (Vikings, soldats romains, croisés…) et la virilité dans le sport.

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En haut à droite : le logo de White Rex, qui reprend le soleil noir cher aux SS (cf. château de Wewelsburg). Quelques exemples de t-shirts White Rex : “Angry europeans against Tolerance”, le “88” pour ’Hein Hitler”, le symbole de la Phalange espagnole… Que du lourd !

La marque s’est rapidement implanté en Europe de l’Est et en Italie, via les groupes de musique et les tournois de MMA organisés et sponsorisés par la marque, dont le logo représente un guerrier devant un soleil noir, un symbole païen qu’on retrouve surtout dans le mysticisme nazi (il orne ainsi le sol du château de Wewelsburg, le quartier général de la SS).

Un esprit malsain dans un corps sain ?

White Rex, afin de tordre le cou à l’image d’alcoolique qui colle aux Russes, refuse que ses événements soient sponsorisés par des marques d’alcool ou de tabac, et l’événement du 10 juin en France est lui-aussi annoncé sans drogue et sans alcool.

bas affiche

Pour convertir les crânes rasés (généralement plutôt amateurs de bières et de cocaïne) les bienfaits du mode de vie “Straight Edge (SxE)” [2], les organisateurs du tournoi ont invité pour une “conférence” la troupe russe “PPDM Straight Edge Father Frost More” qui utilise l’image SxE tout en faisant clairement référence à des mouvements minoritaires comme les Hardliners ou le Hate Edge, des dérives violentes et sectaires du mouvement SxE, où la violence est véhiculée comme une valeur positive pour imposer ses idées, généralement réactionnaires, par la force.

PPDM
La fine équipe des PPDM. En bas à gauche, avec leurs copains de Blood & Honour.

Les PPDM organisent régulièrement en Russie des exhibitions visant à la promotion du body-building et de l’haltérophilie (un sport assez populaire en Russie). Bon, à voir les monstres, on se doute qu’ils ne se nourrissent pas que de Chocapic, mais c’est l’intention qui compte… Quoiqu’il en soit, l’objectif est surtout de faire la promo de la violence physique et d’une virilité exacerbée, et la proximité des PPDM avec la scène néonazie n’est pas un mystère.

En avant la musique !

HardCore Wave a donc remplacé Blood & Honour pour la partie musicale de la journée, et c’est donc logiquement qu’on retrouve sur l’affiche (un peu bas de gamme quand même, relativement aux années précédentes et aux événement HCWE) deux groupes de RAC italiens : Green Arrows et une nouvelle formation composé d’anciens du groupe Ultima Frontiera (qui a arrêté en 2013). Le premier avait déjà joué à un concert organisé par Blood & Honour Hexagone, et quant au second, on ne peut pas encore en dire grand-chose, si ce n’est qu’Ultima Frontiera était ouvertement fasciste. Les Espagnols de Jolly Rogers viennent compléter l’affiche : là encore, aucun doute sur les convictions du groupe, qui a participé à la compilation “European Brotherhood”, ornée d’une belle croix celtique !

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De gauche à droite : le concert B&H avec Green Arrows ; l’affiche du dernier concert d’Ultima Frontiera et un des membres du groupe Jolly Rogers.

Une journée qui s’annonce bien chargée donc, et qui risque d’attirer, dans un des petits villages de Haute-Savoie, une faune venue non seulement de toute la France, mais également d’Allemagne, d’Italie, de Suisse ou d’Autriche… Si la municipalité concernée aura probablement été dupée comme les années passées, le mode opératoire de Pride France est désormais suffisamment bien connu (une réservation pour une “fête privée”, un mariage ou un anniversaire) pour qu’un minimum de méfiance s’impose de la part des autorités locales. Les antifascistes sont d’ors et déjà à pied d’œuvre pour mettre des bâtons dans les roues des organisateurs ; mais il est nécessaire qu’il y ait une prise de conscience plus large du danger que représente la tenue d’un tel événement, car les naziskins ont déjà prouvé, à Lille en 2011 et à Paris en 2013, qu’ils étaient capables du pire. Faudra-t-il un nouveau mort pour qu’enfin les parades néonazies, en Haute-Savoie ou ailleurs, ne soient plus tolérées ?
La Horde

Notes

[1Dans le langage codé des néonazis, les chiffres correspondent à des lettres : “88” = “HH” = “Heil Hitler” ; quant au “14” il fait référence aux 14 mots du suprémaciste blanc David Lane : ” We must secure the existence of our people and a future for white children » (« Nous devons préserver l’existence de notre peuple et l’avenir des enfants blancs »).

[2Contre-culture issue de la scène punk-hardcore américaine, à l’origine plutôt non violente, refusant l’usage des drogues, en réaction au nihilisme punk type “no future”. [les néofascistes sont HARDLINE, pas “straight edge”]


2018 : Tomasz figure dans le jeu de carte des “sept familles de l’extreme-droite”

Le fils cadet : surnommé « Gamin », Szkatulski est un skin néonazi qui a fréquenté la LOSC Army (hools faf lillois) et édité des fanzines d’extrême droite. Après un passage en prison pour avoir agressé un SDF en 2008, il lance début 2010 la marque de vêtements Pride France et s’associe avec les  Russes de White Rex dans l’organisation de concerts RAC et de tournois de MMA clandestins.

Comment une vieille religion nordique inspire le suprématisme blanc

https://www.slate.fr/story/146130/vieille-religion-nordique-suprematisme-blanc

Ils sont nombreux à déclarer s’inspirer de l’odinisme, la seule religion «pure» selon eux.

Connaissez-vous l’odinisme* ? Cette vieille* religion* nordique* consiste à vénérer des dieux comme Thor* ou Odin*, à porter parfois un pendentif en forme de marteau, et à se retrouver entre croyants dans les bois pour boire de l’hydromel, lire de la poésie, voire sacrifier des animaux pour plaire à leurs divinités.

* odinisme, wotanisme, odalisme, ... etc. 
* origines : 19e, 20e et 21e siècles, pas viking ou ni hyperboréen
* religion plutôt tentative de tradition

Festival « viking » ou pro-nazi ?
* le cercle de torches autours d'un feu est le rituel volkisch commun observé et affiché par gangs skinheads en France et en Allemagne, certains motards criminalisés 1%, activistes rac x nsbm, crews des bannières ouest casual, ...

Seulement voilà, cette religion ancienne a inspiré le mouvement suprématiste ces dernières années, notamment aux États-Unis. Le site Reveal du Center for Investigative Reporting explique que, depuis 2001, au moins six odinistes racistes ont été accusés d’avoir mené ou tenté de mener des attaques terroristes sur le sol américain. Rappelons également qu’Anders Breivik, l’homme responsable d’une tuerie de masse dans un camp d’été à Utoya au sud d’Oslo en 2011, a fait parler de lui en expliquant un jour avoir longtemps été odiniste.

«Les odinistes racistes d’aujourd’hui disent qu’il s’agit de la seule religion pure pour le peuple blanc, elle n’a pas été “mélangée” par le prophète juif Jésus, écrit le site. Ils se voient comme des guerriers, prêts à réclamer l’Amérique au nom du peuple blanc et à se battre contre un génocide des blancs, mené par les Juifs, ce qui a laissé le plus grand pays du monde en lambeaux.»

Et l’époque actuelle, de par les tensions qu’elle traverse, forme un terreau parfait pour ces suprématistes vantant une sorte de grandeur du peuple blanc face à une supposée menace.

«Les terroristes racistes d’extrême-droite ont compté pour une partie significative des attaques terroristes à travers l’Amérique ces dernières décennies, et les experts disent que ces groupes sont en pleine explosion dans l’Amérique divisée de 2017.»

Brandon Lashbrook, originaire de l’Illinois, est l’un de ces odinistes qui n’a pas peur d’afficher des croix gammées chez lui ou de parler ouvertement de sa détestation pour le mélange des «races». «Nous devons être prêts à nous battre, explique celui qui organise régulièrement des réunions d’odinistes via des événements Facebook. Nous devons étudier les arts martiaux, faire de la musculation. Nous devons être prêts et unis, et prêts à nous défendre, et continuer à dire la vérité à la société, et aider encore plus d’âmes à trouver la voie pour sortir de l’Enfer et retourner à Midgard [terme ancien désignant la Terre]. De cette façon, ils vont se réunir et réaliser quelle menace pèse sur nous. Ce sera toujours honorable de mourir durant une bataille.»

Pour lire la suite de cette enquête, rendez-vous sur le site de Reveal.

Quand un représentant des « Jeunes avec Macron » copine avec des néo-nazis tourangeaux

https://larotative.info/quand-un-representant-des-jeunes-2231

L’un des jeunes militants mobilisés pour soutenir la candidature d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle semble entretenir une certaine proximité avec l’extrême-droite de Tours.

En bons citoyens désireux de faire héroïquement barrage au Front National en votant Macron le 7 mai, des habitants de Tours ont voulu en savoir plus sur le « projeeeet » que ce dernier propose. Une démarche facile à entreprendre, puisque les « marcheurs » sont très actifs sur le net — le militantisme dans la rue s’avérant parfois périlleux. En se rendant sur la page Facebook du groupe « Les Jeunes avec Macron – Touraine », ils voient un post relatif à un débat organisé sur RCF, la radio catho locale, entre un jeune macroniste prénommé Maxime et une militante du Front National. Curieux d’en savoir plus sur ce jeune représentant d’Emmanuel Macron, ils cliquent sur son profil… et là, surprise !

En photo de couverture, le jeune homme affichait jusqu’à récemment une photo prise au stade de Reims, montrant une quinzaine d’individus aux visages floutés, arborant un drapeau de la Touraine. Impossible de savoir si Maxime est sur la photo, puisqu’on ne distingue pas les visages, mais il était bien présent à Reims pour ce déplacement de l’équipe de Tours. Au-delà des visages, les looks ne trompent pas : on est en présence des « ultras » du FC Tours, ses supporters un peu énervés, le groupe des Turons 1951. Ce groupe, connu pour faire des quenelles devant les bars du centre ville, accueille depuis longtemps une bonne part de l’extrême-droite radicale tourangelle dans ses rangs : petits fascistes, néo-nazis notoires et antisémites y sont chez eux. Des fréquentations un peu surprenante pour un militant d’Emmanuel Macron, qui nous a été présenté comme le dernier rempart contre l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir.

Parmi les personnes ayant marqué la photo de Maxime d’un petit like, un nom accroche l’œil : celui d’Antoine « Turon ». Un patronyme couramment employé sur les réseaux sociaux par l’extrême-droite tourangelle, puisqu’il permet d’une part de conserver un (relatif) anonymat, et d’autre part de faire un double clin d’œil aux Turons 1951 et aux Loups Turons, la bande de skins néo-nazis locaux [1].

On peut ainsi retrouver Louis Turon, qui a carrément utilisé un bout de la photo de couverture du jeune macroniste pour illustrer son profil Facebook. Ce jeune amateur de football et de IIIème Reich a une page Facebook percutante : parmi les photos qui sont visibles, on note une sympathique image barrée du slogan « Make Europe great again », en référence au slogan de campagne de Donald Trump, mais aussi quelques soldats nazis, et la fine bande de Serge Ayoub, dont la dernière organisation a été dissoute suite au meurtre d’un jeune militant antifasciste, Clément Méric. Sa photo de couverture, une chaise accompagnée du slogan « Defend Tours », semble être un clin d’œil aux piteux exploits de Pierre-Louis Mériguet, l’ancien leader de l’extrême-droite radicale tourangelle, qui s’était illustré en frappant un homme avec une chaise à l’occasion d’une de ses ridicules marches aux flambeaux.

Bien sûr, nous n’affirmons pas que Maxime partage les idées de ses petits camarades de stade. Il est tout de même amusant de constater que, même au sein d’un mouvement prônant la « bienveillance » et qui s’érige en héroïque barrage contre la menace brune, certains n’ont pas trop de mal à copiner avec les pires énergumènes de l’ultra-droite…

Notes

[1Pour en savoir plus sur ce groupe, lire ce dossier.

Trois hommes, militants de l’ultra-droite, viennent d’être mis en examen à Lille. La victime était l’un des «noyés de la Deûle».

https://www.leparisien.fr/resizer/JmcLB7eWcV-pXf4tOkBrV4mOVCI=/932x582/arc-anglerfish-eu-central-1-prod-leparisien.s3.amazonaws.com/public/BA3X34QAAX52UQX3UMPXYCGOAE.jpg
ARCHIVE. Le 23 février 2011, à Lille, des sapeurs pompiers s’apprêtent à sortir un corps découvert par des plongeurs dans le canal de la Deûle à Lille. (PHILIPPE HUGUEN /AFP)

Une tragique loi des séries, sur fond d’alcoolisation excessive. En 2010-2011, à Lille (Nord), cinq corps sont repêchés dans la Deûle à quelques mois d’intervalle. A l’époque, les autorités réfutent tout lien entre ces décès. Six ans plus tard, au terme d’une discrète enquête, trois personnes ont été mises en examen la semaine dernière pour «violences volontaires ayant entraîné la mort». Trois militants de l’ultra-droite soupçonnés d’avoir poussé à l’eau Hervé Rybarczyk, 42 ans, le cinquième et dernier de ces «noyés de la Deûle». Guitariste du groupe Ashtones, il avait disparu de retour d’un concert, dans la nuit du 11 au 12 novembre 2011. Son corps avait été retrouvé immergé, sur la commune de Loos, dix jours plus tard.

L’enquête confiée à la police conclut alors au suicide. Une thèse réfutée par les proches de la victime. Plus largement, une majorité de Lillois ne croient pas à l’époque au hasard pour expliquer cet enchaînement de noyades. En 2014, faute de preuves, les dossiers sont refermés par la justice.

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Un an plus tard, un nouveau juge d’instruction se penche à nouveau sur ces cinq affaires. C’est par le biais de Jérémy Mourain que l’enquête a redémarré. Placé en détention provisoire dans un autre dossier, cette figure de l’extrême droite a fondé en Picardie le White Wolves Klan, un groupe de «loups blancs» néonazis reconnus coupables de multiples violences et délits. Dix-huit de ses membres ont été jugés fin mars devant le tribunal correctionnel d’Amiens (Somme), Mourain écopant de la peine la plus lourde, neuf ans de prison.

Incarcéré, Mourain dispose d’un portable clandestin, qui est placé sur écoute. A l’un de ses interlocuteurs, il explique qu’il lui a fallu «tuer un homme», à Lille. Et de confier son inquiétude : «Pourvu que le juge n’aille pas chercher trop loin dans ma période lilloise.»

Un crime commis pour impressionner le skinhead Serge Ayoub ?

Sur ce mystérieux crime, deux témoins se font plus précis. Mathieu D., un membre du groupe, évoque spontanément devant les gendarmes un homicide. Un crime commis pour impressionner Serge Ayoub, figure tutélaire du mouvement skinhead. Mourain rêve en effet d’intégrer les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), le bras armé de Troisième Voie, le mouvement d’Ayoub, dissous en 2013.

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Le même témoin évoque l’implication dans ce crime de Yohann M., membre des JNR et «parrain» de Mourain dans le cadre de son accession au groupe. Kévin P., autre «loup blanc», atteste devant les enquêteurs que Mourain «devait taper deux personnes». «Après, il les avait jetées dans le canal.»

De source proche de l’enquête, on concède que «les propos de Mourain» — dont l’avocat n’a pas donné suite à nos sollicitations – «ont permis de remonter aux agresseurs présumés d’Hervé Rybarczyk, mais pas de le mettre lui-même directement en cause». En revanche, selon nos informations, Yohann M. serait l’un des trois mis en examen, ce que se refuse à confirmer ou infirmer le parquet de Lille.

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Cette autre figure de l’extrême droite nordiste avait été impliquée en 2013 dans l’agression de plusieurs clients du Vice & Versa, un bar gay du centre de Lille. Des faits qui lui avaient valu d’être condamné la même année. «Depuis, il s’était amendé, explique une de ses connaissances. Il semblait regretter ses dérives.»

Yohann M. a-t-il été rattrapé par son passé ? S’il reconnaît l’appartenance de ce dernier aux JNR, Serge Ayoub conteste fermement toute implication. «Un rituel de passage ? C’est n’importe quoi, balaie l’intéressé. Vous imaginez si chacun des membres des JNR avait dû tuer quelqu’un ? Et en plus des inconnus !» Lui-même poursuivi – et relaxé – dans le procès des «loups blancs», Ayoub reconnaît avoir croisé Yohann M. à plusieurs reprises mais voit en lui et Jérémy Mourain «des pieds nickelés déchaînés».

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Pour l’instant, difficile d’établir le scénario précis de la mort d’Hervé Rybarczyk, chacun des trois mis en cause, placés en détention provisoire, se renvoyant la balle. Selon l’édition lilloise de «20 Minutes», il y aurait préméditation, les auteurs ayant préalablement enlevé la puce de leur téléphone portable avant de s’en prendre au guitariste. En l’état actuel des investigations, qui se poursuivent, aucun lien n’a pu être établi avec les quatre autres disparitions. «Plusieurs de ces victimes avaient un point commun, analyse un connaisseur du dossier. Elles étaient liées d’une manière ou d’une autre à la communauté gay.»

La scène black metal NS dans l’ouest de la Saxe

https://www.antifainfoblatt.de/artikel/die-ns-black-metal-szene-westsachsen

Si le groupe de black metal nazi français “Kommando Peste Noire” (KPN) peut se produire à Zwickau, en Saxe, en avril de cette année, c’est uniquement parce que la scène est-allemande dispose depuis des années d’une infrastructure que l’on trouve rarement ailleurs. .

” …se sentir tout de suite chez soi “

C’est ainsi que la phrase d’un article de l’auteur “A.” s’est terminée dans le magazine néo-nazi “The Aryan Law & Order” de 2000. “A.” est probablement l’abréviation d’André Eminger, qui avec son frère Maik Eminger était ce porte-parole de la “White Brotherhood Erzgebirge” (WBE) publié. Selon le rapport, l’auteur de ce produit était la première fois à un concert de métal à Langenbernsdorf près de Zwickau. La liste des groupes concernés montre clairement qu’il ne s’agissait pas d’un concert ordinaire. Outre “Luror”, “Totenburg”, “Magog” et “Eternity”, l’auteur a trouvé le groupe “Heldentum” particulièrement louable.

C’était déjà le deuxième concert de la série “Plague Storm over Germania”. Le fait que l’auteur se soit senti chez lui était dû aux organisateurs, qui se sont identifiés avec un drapeau attaché au “Front Heidnic allemand” (DHF) – fondé par Hendrik Möbus . Au lieu de la croix gammée, la rune de la vie est inscrite au milieu du drapeau, qui ressemble à la jeunesse hitlérienne. Jens “Asemit” Fröhlich appartenait également à une organisation de jeunesse correspondante – la “Jeunesse Blanche”. L’hypothèse est qu’il est le « Jens » que l’auteur A. a remercié pour les photos de la soirée. Deux semaines seulement avant le concert, “Blood & Honor Germany” (B&H) et son organisation de jeunesse “White Youth” ont été interdits.

Le “National Socialist Black Metal” (NSBM), également décrit comme “la forme la plus pure de l’art sonore aryen “, a conduit à au moins une réorientation pour Fröhlich et d’autres protagonistes de la scène rock de droite. Son groupe “Oigenik” a dit au revoir à la scène Skinead de droite très tôt pour apparaître sous le nom de “Eugenik” dans le NSBM. La situation était similaire avec les rockers de droite “14 Nothelfer” de Pirna, dont le projet NSBM “Magog” a inventé le cri de guerre “Kill for Wotan”. Paul Morgenstern, qui habite près de Zwickau, aime également découvrir plusieurs sous-cultures de l’extrême droite : en tant que membre du groupe “Leichenzug” et “Camulos” au NSBM, en tant que guitariste dans “Blitzkrieg” dans le rock de droite et en tant que batteur dans “Brainwash” dans NS-Hardcore.

En conséquence, le NSBM allemand n’a pas émergé principalement d’une scène black metal radicalisée, mais a plutôt surgi en particulier dans les nouveaux États fédéraux de l’environnement B&H. Bien sûr, il y avait une scène Black Metal classique autour de groupes comme Absurd poussant une orientation nazie, mais aurait-elle eu autant de succès sans l’aide d’organisations comme B&H ou le réseau Hammerskin ?

Le concert de 2000 montre à quel point la scène NSBM était étroitement tissée. Sven Zimper de “Luror” et Ronald Möbus de “Heldentum” – le frère de Hendrik Möbus (cf. AIB n° 105 ) – sont des membres actifs de “Absurd”. Denis Schoner – connu comme le batteur de “Totenburg” a également travaillé avec le groupe de Thuringe, tandis que Jens Fröhlich a partagé le chant en direct avec Möbus.

De plus, certains musiciens du NSBM travaillent également au sein de la structure de distribution du NSBM : Sven Zimper chez “World Terror Committee Productions”, Jens Fröhlich chez “Ewiges Eis-Records”, Denis Schoner derrière “Hammerbund” et Paul Morgenstern chez “Blasphemous Terror Records “. Les distributeurs allemands les plus influents pour les productions NSBM se trouvent dans un rayon de moins de 100 kilomètres entre Leipzig, Zwickau et Gera. Au nombre de six, sans compter “WTC-Productions” de Saxe-Anhalt et “Darker Than Black-Records” de Hendrik Möbus de Berlin.

ouvert la voie

Dans ce contexte, la question se pose de savoir si la région offre également une multitude de lieux événementiels. Semblable au milieu du rock légal, la plupart des objets distants sont utilisés. La scène repose sur une sorte de “chasse au trésor”, où le visiteur du concert trouve son chemin vers l’emplacement réel via des points de verrouillage. En dehors de cette pratique, la scène NSBM peut et pourrait aussi se rabattre sur les lieux de rencontre des métalleux locaux.

À Annaberg-Buchholz, en Saxe, jusqu’en 2009, la plupart des grands noms non politiques ont pu se produire dans le “Asgard Pub”. Le chevauchement personnel de la scène dans les monts Métallifères a également ouvert la porte au noyau (dur) du NSBM. Le groupe « Nachtfalke » de Tino Mothes de Schneeberg voisin était probablement la clé de cette utilisation. Mothes faisait déjà partie du groupe “Totenburg” dans les années 1990 et avec “Nachtfalke”, il a réuni des musiciens de la région qui sont plus à l’aise dans le black metal apolitique. Les groupes “Dies Ater”, “Andras”, “Eminenz” et “Krater” doivent être mentionnés dans ce contexte, car des néo-nazis comme Tino Mothes et Andreas Schwach – anciens chanteurs du groupe “THOR” – ont joué un rôle important dans cet environnement.

La situation avec le parent proche était comparable. Jusqu’à la fermeture en 2007, des concerts irréguliers avec des groupes NSBM tels que “Magog” ou “Thunderbolt” avaient lieu dans les salles de “Hagalaz eV”. Selon un forum de métal, les musiciens du groupe de Zwickau “Aeveron” ont été intégrés dans la structure du club, ce qui signifie que des néonazis comme Paul Morgenstern – qui a joué de la batterie avec “Aeveron” jusqu’en 2016 – auraient eu des contacts directs avec les opérateurs. En dehors de cela, Stev Lippold était président du « Hagalaz eV ».

En 2009, il a co-fondé “Gleis 3” à Annaberg-Buchholz, où se tenaient principalement des concerts NSBM. Le compagnon d’armes de Lippold, Björn Eichhorn, avait auparavant organisé le “Fireblade Force Festival” au Lichtenstein avec “Mephistopheles Concerts”. À partir de 2007, il a proposé trois fois de suite à environ 1 000 visiteurs des groupes NSBM tels que “Nachtfalke”, “Satanic Warmaster” et “Leichenzug”. Une observation sur place montre également à quel point le festival était organisé par la scène pour la scène. Selon cela, un visiteur du festival en 2007 a trouvé parmi les hooligans (de droite) apparemment utilisés dans le cadre de la sécurité, André Eminger, les frères Kay Richter et Jörg Richter – membres du groupe de rock de droite “Blitzkrieg ” — ainsi que l’ancien membre de B&H Sachsen Andreas Graupner reconnu.
Le fait que l’organisateur de concerts Eichhorn joue depuis trois ans dans le groupe NSBM “Stahlfront” ne rend pas particulièrement surprenant que des néo-nazis aient participé au festival.

perspectives

L’apparition de “Kommando Peste Noire” (KPN) au Club Seilerstrasse de Zwickau, annoncée pour le 15 avril de cette année, semble logique. Après tout, la série de concerts de Zwickau “Hell Unleashed” offre depuis des années une scène à des groupes comme “Infernal War”, “Arkona” et “Sekhmet”. Seul le fait que ce serait la première représentation de KPN en Allemagne rend le concert d’avril 2017 explosif. Dans les forums Internet de droite, on est pourtant sûr que le groupe français autour du chanteur Ludovic “Famine” Faure peut se produire ” parce qu’il y a des gens avec le cul dans le pantalon comme organisateurs de concerts sur le pont “, comme veut le savoir un internaute.

KPN ne s’intègre que trop bien à la scène de la Saxe occidentale, car à l’instar de la composition des groupes NSBM est-allemands, la moitié du groupe est composée de musiciens de la scène rock française de droite. Reste à savoir si elle saura réchauffer la foule à Zwickau avec le slogan “Antifa Hurensöhne” comme elle l’a fait lors de sa dernière apparition en France. Le public allemand, en revanche, est susceptible de porter un regard bienveillant sur les engagements d’extrême droite. Au moins depuis l’apparition de KPN à Kiev en décembre 2016, organisée par la “Zone Militante”, qui est proche du bataillon de volontaires ultra-nationalistes à fascistes “AZOW”, il y a eu un net avantage. Le chant de l’hymne de l’extrême droite “Action française”, la reprise d’un morceau “Absurde” bien connu ainsi que l’insertion du chanteur de “Lemovice” sur une reprise de ce groupe de rock d’extrême droite entonné par KPN,groupe de black metal apolitique » qui a arraché des arguments.

Et si ça ne marche pas à Zwickau, nul doute que la scène aura un plan B. Si l’objet “An der Galgenmühle” à Ronneburg, à 30 kilomètres, sera la scène est encore une spéculation. Le fait est, cependant, qu’un lieu s’est récemment ouvert là-bas où des groupes importants tels que «Stahlfront», «Camulos», «Blutsturm» et «Blessed in Sin» ont pu se produire en toute quiétude sous le label «Neuschwabenland Konzerte» depuis Octobre 2016.

mises à jour

Deux semaines avant la performance annoncée du groupe KPN, le Club Seilerstraße a retiré l’espace au promoteur “Hell Unleashed”. Ainsi le concert se déroulera dans une conspiration classique. En plus des locaux déjà mentionnés, l’ancienne discothèque “Mexx” à Aue/Erzgebirge semble également possible. Le groupe “Ad Hominem” a pu s’y produire le 25 mars de cette année avec les groupes allemands NSBM “Camulos”, “Stahlfront” et “Ahnenerbe”. L’organisateur était à nouveau “Neuschwabenland Konzerte”. Le “Mexx”, qui s’appelle désormais “De Flint-Mietlokal”, avait déjà été annoncé comme lieu de l’un des concerts “Hell Unleashed” de ces dernières années.

 

White Wolf Klan

Le White Wolf Klan était un groupuscule néo-nazi ayant opéré en Picardie, principalement autour de la ville de Ham, au début des années 2010. Son leader, Jérémy Mourain, bras droit de Serge Ayoub en Picardie, crée un groupe autonome, en juillet 2013 à la suite de la dissolution du groupe Troisième Voie, après la mort de Clément Méric. Le groupe multiplie les agressions racistes et les actes de délinquance avant d’être arrêté. Mourain sera condamné à 9 ans de prison en mars 2017.

Origine

Originaire de Ham, Jeremy Mourain, né en 1990, rencontre Serge Ayoub à la fin des années 2000.
Mourain monte les échelons et devient le bras droit d’Ayoub en Picardie.
Dès ses 18 ans et déjà le crâne rasé, il se distingue dans une « ratonnade » du côté de Crouy-en-Thelle (Oise) : il frappe au visage avec une batte de base-ball un automobiliste « trop bronzé », puis brise le pare-brise. Il est condamné à 8 mois de prison1.

En décembre 2012, Thomas et Clément G., qui ont milités avec les Nationalistes Autonomes (N.A) sont lynchés par Mourain et sa bande lors d’un guet-apens organisé dans un garage à Estrées-Mons, dans la Somme2. Serge Ayoub aurait commandité cette agression après que la bande rivale l’aurait qualifié dans une vidéo de « sale juif »3,4.

La bande de Mourain s’attaque peu après au Picard Crew, autre groupe nationaliste local concurrent.

Mourain soupçonne le leader du groupe Picard Crew , Werner Riegert, de l’avoir dénoncé à la police, et brûle le local de son groupe en guise de représailles. Cette attaque s’inscrit dans la tentative de Mourain de s’assurer la première place dans le mouvement identitaire de Picardie et du Nord, en pleine croissance5.

Dans la nuit du 1er au 2 janvier 2013, une douzaine de membres du groupe s’attaquent à coup de barres de fer au bar La Chicha, à Chauny1.

En mai 2013, le groupe passe à tabac un automobiliste en train de discuter avec des forains. Jérémie Crauser et Christopher Letrou, co-accusés lors du procès de mars 2017, déclareront : «On était venu pour chercher la merde, c’était de la violence bête et méchante», «Quand on s’emmerdait, ça finissait souvent comme ça.»6

Serge Ayoub attribue un parrain à Mourain : Yohan Mutte, skinhead connu dans la région lilloise pour avoir attaqué un bar gay le 17 avril 2013, le Vice et Versa, après la dispersion de la Manif pour tous2.

Actions du WWK

En juillet 2013, quelques jours après la dissolution de Troisième Voie, à la suite de la mort de Clément Méric le 5 juin 2013, Mourain crée le WWK et s’affranchit de la tutelle de Serge Ayoub. Sous couvert d’une association de motards inspirée de la série Sons of anarchy et du mouvement biker (bien qu’un seul des 19 membres du groupe ait un permis moto, et qu’aucun n’en possède une), le WWK est une organisation paramilitaire hiérarchisée et soumise au pouvoir de Mourain6.

Dès lors les « Loups blancs » multiplient les actions violentes et mêlent activisme raciste et délinquance de droit commun : agressions racistes dans un supermarché, expédition punitive à une fête foraine, jets de cocktails molotov dans un camp de roms. Le groupe s’attaque à un dealer qu’ils frappent et séquestrent à son domicile. Il n’hésite pas non plus à commettre des cambriolages pour remplir les caisses en s’attaquant à des membres du milieu nationaliste, et se lance dans le trafic de drogue. Pour financer son amour de la cocaïne et du speed, Mourain commandite des braquages de supérettes, de bars-tabac, de boucheries, tout comme des siphonnages de réservoirs d’essence3.

En novembre 2013, Mourain envoie des membres du WWK, cagoulés, passer à tabac à leur domicile d’anciens membres du clan, Laurent L. et Sarah M. pour régler une dette de stupéfiants6.

Le 3 janvier 2014, Mourain organise le lynchage d’un membre du WWK accusé d’être proche d’un ancien membre ayant déserté le groupe : coups de batte de baseball dans les testicules, coups de pied dans la tête, étranglement6.

En octobre 2014, Mourain écope de 18 mois de prison pour avoir un mois plus tôt, avec deux membres du WWK, brisé à coups de batte de base-ball le genou d’un homme, coupable d’avoir bu une bière devant son immeuble en compagnie de deux autres hommes dont un ancien du clan1.

Chute, procès et condamnations

Ce sont les frères lynchés, qui décident de porter plainte au commissariat de Peronne, un peu après le guet-apens d’Estrées-Mons, le 8 janvier 2013. L’enquête d’une ampleur inédite durera 4 ans, une trentaine de perquisitions et des centaines d’heures d’auditions seront menées par les gendarmeries de Ham, Péronne et de la brigade de recherche d’Amiens. Le 9 mars 2015, 15 personnes sont arrêtées à leur domicile à Chauny, Compiègne et Ham7.

18 membres du WWK âgés de 22 à 53 ans ont répondu lors de leur procès du 27 au 30 mars 2017 de 35 infractions commises entre 2012 et 2014 : violences avec arme, séquestration, dégradation de biens par incendie, vol aggravé, participation à un groupe de combat, association de malfaiteurs et tentative de meurtre.

Le plus âgé, Serge Ayoub, comparaissait sous contrôle judiciaire, tandis que Jeremy Mourain était placé en détention provisoire depuis mars 2015 : il avait déjà écopé de 11 condamnations pour de multiples détentions ou port d’armes, actes de violence, recel.

Au cours de sa détention dans l’attente de son procès, Mourain confie à une connaissance par téléphone (placé sur écoute) « avoir tué un homme » et s’inquiète : « pourvu que le juge n’aille pas chercher trop loin dans ma période lilloise ». Les enquêteurs remontent alors aux affaires des « noyés de la Deûle » : Hervé Rybarczyk aurait été assassiné, 3 personnes sont mises en cause, dont Yohann Mutte, mais aucune preuve n’est apportée contre Mourain8,9.

Le 30 mars 2017, Jérémy Mourain est condamné à 9 ans de prison ferme pour violences aggravées, vol et organisation d’un groupe de combat. Jérôme B., 42 ans, chaudronnier intérimaire et ancien militaire, et considéré comme l’éminence grise du groupe est condamné à trois ans ferme. Les autres membres du clan écopent de peines de six mois à cinq ans de prison, toutes assorties de sursis et aménageables. La plupart ont reconnu les faits et exprimé leurs regrets durant les débats. Selon l’un des avocats de la défense, « C’est un jugement plutôt clément ». Serge Ayoub bénéficie d’une relaxe10,11.

Le procès a permis de mettre en lumière les ressorts psychologiques et sociétaux qui ont conduit les prévenus à rejoindre le WWK et à y rester : famille absente, addiction aux drogues, milieu social modeste, racisme ambiant, effet de groupe, logique grégaire, emprise d’un leader décrit comme « manipulateur », « narcissique », « ultraviolent », « sadique », « polytoxicomane »11.

« Pour moi, la prison, c’était le clan » déclare Christopher Letrou, l’un des plus jeunes prévenus. « La vraie prison, elle m’a libéré du groupe, en me remettant dans le droit chemin. Mais les faits que j’avais commis étaient là, ils sont graves, avec cette peine, ils sont reconnus, et moi je me sens définitivement libéré »11.

https://fr.wikipedia.org/wiki/White_Wolf_Klan